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L’ancien chef d’état-major Pierre de Villiers plaide pour un sursaut national et un réarmement massif


L’ancien chef d’état-major des armées estime que la France doit impérativement renforcer ses capacités militaires et retrouver une cohésion sociale pour faire face à un environnement international dégradé.
Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, l’ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers appelle à une mobilisation générale des ressources et des esprits. Selon lui, la nation se trouve à un carrefour décisif, où sa sécurité future dépend des choix opérés aujourd’hui. La guerre en Ukraine a, selon ses termes, mis fin à une période de « somnambulisme » stratégique, imposant une prise de conscience brutale des risques.
L’officier général, qui s’exprime à l’occasion de la parution d’un nouvel ouvrage, insiste sur l’urgence d’un effort financier soutenu et de long terme. Il juge nécessaire un réarmement à grande échelle, portant aussi bien sur les équipements, les effectifs et les stocks que sur ce qu’il nomme les « forces morales » du pays. Cet investissement, évalué à plusieurs milliards d’euros annuels supplémentaires jusqu’en 2035, constitue selon lui le prix à payer pour éviter de futures vulnérabilités.
Au-delà des considérations budgétaires, Pierre de Villiers souligne un défi tout aussi pressant, celui des fractures internes. Il observe que les divisions sociales, territoriales et générationnelles affaiblissent considérablement la résilience nationale. Retrouver une unité fondamentale lui apparaît donc comme une condition sine qua non de toute politique de défense crédible. Cette cohésion passe, selon lui, par un travail de fond sur des piliers comme l’éducation et la famille.
Interrogé sur les annonces récentes concernant un service militaire volontaire, il y voit une orientation pragmatique, à condition que son financement ne se fasse pas au détriment du budget des armées. Il pointe également les défis logistiques et humains d’un tel dispositif, notamment le manque d’infrastructures et la nécessité de recruter des encadrants. Il suggère à ce titre qu’un service obligatoire pour les étudiants des grandes écoles pourrait constituer une piste, à la fois formatrice pour les jeunes et bénéfique pour la collectivité.
Le message est sans ambiguïté. Face à un monde où la force reste un paramètre déterminant, la faiblesse serait, selon l’ancien chef d’état-major, une option extrêmement coûteuse. La période électorale à venir devrait, estime-t-il, être l’occasion de placer ces enjeux de défense et de protection au cœur du débat public.





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