Monde
La trêve à Gaza vacille sous le feu des accusations réciproques

Les hostilités ont repris dans la bande de Gaza, chaque camp rejetant sur l’autre la responsabilité de la rupture du cessez-le-feu. Les opérations militaires et les frappes aériennes israéliennes répondent, selon Tel-Aviv, à des violations palestiniennes.
Des frappes aériennes israéliennes ont touché dimanche plusieurs secteurs de la bande de Gaza, du centre au sud du territoire. Les autorités israéliennes justifient ces opérations par des tirs palestiniens contre leurs positions, qu’elles qualifient de rupture de la trêve en vigueur depuis dix jours. Le premier ministre israélien a ordonné une réponse militaire ferme, promettant que le Hamas en supporterait les conséquences.
Le mouvement palestinien a immédiatement rejeté ces accusations, affirmant respecter intégralement les termes du cessez-le-feu. Un responsable du Hamas a déclaré que ces allégations constituaient un prétexte destiné à légitimer la reprise des opérations militaires israéliennes. Sur le terrain, des images montrent des habitants fuyant les bombardements à Bureij, dans le centre de Gaza, tandis que des nuages de fumée s’élèvent au-dessus de bâtiments détruits.
L’armée israélienne a confirmé avoir mené des frappes ciblées contre ce qu’elle présente comme des infrastructures du Hamas dans le sud de l’enclave. Un responsable militaire a précisé que ces interventions faisaient suite à des incursions de combattants palestiniens au-delà des lignes de retrait établies par l’accord de trêve, notamment dans les régions de Rafah et Beit Lahia.
Les services de secours palestiniens ont fait état de vingt-et-une personnes tuées lors de ces raids. Des blessés et des victimes ont été transportés vers l’hôpital de Deir al-Balah, selon des sources médicales. La branche armée du Hamas a pour sa part nié toute implication dans des affrontements dans le secteur de Rafah, réaffirmant son attachement au cessez-le-feu.
Cette reprise des violences intervient dans un contexte humanitaire extrêmement tendu. L’accord de trêve prévoyait notamment l’acheminement d’aide humanitaire vers la population civile, qui subit de plein fouet les conséquences du conflit. Les autorités israéliennes conditionnent cependant la réouverture du point de passage de Rafah, crucial pour les approvisionnements, à la restitution de l’ensemble des dépouilles des otages.
La question des otages demeure au cœur des négociations. Le Hamas a annoncé avoir localisé une treizième dépouille sur le territoire, tout en mettant en garde contre toute escalade qui compromettrait les opérations de recherche. L’émissaire américain est attendu prochainement dans la région pour suivre l’application des dispositions convenues.
Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre après deux années de conflit, constituait la première phase d’un plan plus large incluant le désarmement progressif du Hamas et le retrait israélien. Ces développements récents risquent de remettre en cause le processus engagé sous médiation internationale.

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