Planète
La mégalopole indonésienne submergée par ses propres déchets

_**La capitale indonésienne, confrontée à une production quotidienne de 14 000 tonnes d’ordures, voit ses infrastructures de traitement dépassées, engendrant des monticules de détritus dans ses rues et des risques environnementaux majeurs.**_
Les rues de Jakarta et de sa vaste périphérie sont progressivement envahies par des amas d’ordures, symptôme d’une crise de la gestion des déchets qui atteint un point critique. Avec une population de plus de quarante millions d’habitants, la région génère chaque jour une quantité astronomique de détritus, saturant les sites d’enfouissement existants. Les riverains décrivent des nuisances olfactives et visuelles constantes, affectant directement la vie quotidienne et l’activité commerciale locale.
Les experts pointent une conjonction de facteurs à l’origine de cette situation. La croissance démographique, couplée à une augmentation du pouvoir d’achat et donc de la consommation, se heurte à des systèmes de collecte et de tri notoirement insuffisants. Même les décharges de grande envergure, comme celle de Bantar Gebang, ont désormais atteint leur capacité maximale. Cette saturation pousse à la multiplication de dépôts sauvages et de pratiques illégales, telles que le brûlage à ciel ouvert, contribuant à la dégradation de la qualité de l’air.
Les autorités nationales ont reconnu l’ampleur du défi, le président indonésien ayant lui-même alerté sur le risque de saturation généralisée des sites d’ici à la fin de la décennie. Des incidents passés, dont des glissements de terrain mortels causés par l’effondrement de collines de déchets, rappellent les dangers physiques immédiats de cette accumulation. En réponse, un plan d’investissement massif, évalué à plusieurs milliards de dollars, a été annoncé pour développer de nouvelles installations de traitement.
Cependant, des voix issues de la société civile mettent en garde contre des solutions purement techniques. Pour elles, la construction de nouvelles usines ne saurait résoudre le problème sans une refonte profonde du système. Le modèle actuel, qui privilégie la collecte et l’élimination au détriment de la réduction à la source et du recyclage, est considéré comme obsolète. L’accent est mis sur la nécessité d’une politique intégrée, combinant éducation du public, application effective de la réglementation et incitation à modifier les habitudes de consommation. Sans cette approche globale, la mégalopole risque de rester prisonnière de ses propres détritus.

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