Société
La Jeune Garde saisit le Conseil d’État pour contester sa dissolution

Le mouvement antifasciste demande l’annulation du décret présidentiel qui a prononcé sa dissolution l’an dernier, un recours examiné alors que pèse l’ombre d’un drame survenu après cette décision administrative.
Les avocats de la Jeune Garde ont présenté leurs arguments devant la plus haute juridiction administrative. Ils demandent l’annulation du décret du 12 juin 2025, par lequel l’exécutif a mis fin à l’existence légale de ce groupement. Le ministère de l’Intérieur de l’époque et le président de la République justifiaient alors cette mesure par l’implication récurrente, selon eux, des différentes antennes locales dans des actes violents.
L’audience s’est tenue dans un contexte particulier, marqué par le décès de Quentin Deranque à Lyon, survenu deux mois après la dissolution officielle. Bien que cet événement soit postérieur à la décision administrative, il influence incontestablement les débats. La défense du mouvement a plaidé pour une distinction nette entre les faits reprochés initialement et ce drame. L’avocat de la Jeune Garde a souligné que les circonstances exactes et les motivations des personnes impliquées dans cette affaire restaient à déterminer, rendant tout lien prématuré avec les activités du groupe.
Il a également insisté sur le fait que les agissements ayant conduit à la mort de Quentin Deranque seraient en totale contradiction avec les objectifs affichés par l’organisation. Selon lui, ce type d’action correspondrait précisément à ce que la structure cherchait historiquement à prévenir. En face, la représentation de l’État maintient sa position. Le rapport présenté au Conseil d’État évoque une dérive du mouvement, estimant que son ambition ne se limiterait pas à un combat idéologique, mais viserait à exclure physiquement ses adversaires de l’espace public, le transformant ainsi, selon cette analyse, en une forme de milice. La décision du Conseil d’État est désormais attendue.

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