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La gendarmerie nationale déploie un outil numérique contre les dérives

Face à la menace croissante que représente la criminalité organisée, l’institution se dote d’un système de surveillance pour prévenir les consultations abusives des fichiers de police.
L’Inspection générale de la gendarmerie nationale a mis en service un logiciel destiné à renforcer le contrôle des accès aux bases de données. Cette initiative répond à l’augmentation des affaires impliquant des personnels suspectés d’avoir fourni des renseignements à des réseaux délinquants. L’outil, actuellement en phase d’expérimentation, devrait être généralisé à l’ensemble des unités d’ici la fin de l’année.
Le système permet de tracer l’ensemble des consultations effectuées sur les principaux fichiers opérationnels, notamment ceux concernant les antécédents judiciaires, les personnes recherchées ou les véhicules signalés. Il recense également les recherches effectuées sur les registres pénitentiaires et les systèmes de lecture automatique des plaques d’immatriculation. Les commandants d’unité disposeront ainsi d’une vision complète des utilisations potentiellement inappropriées.
Les chiffres officiels montrent une nette progression des dossiers judiciaires liés à des compromissions avec la délinquance organisée. Alors qu’un seul cas était recensé en 2021 et 2022, leur nombre est passé à douze l’année suivante, puis à vingt-et-un sur les premiers mois de l’année en cours. La tendance semble devoir se confirmer pour l’année à venir.
Les responsables de l’institution soulignent que la criminalité organisée dispose de moyens financiers considérables et n’hésite pas à exercer des pressions, y compris par la menace. Ils distinguent plusieurs niveaux de risque, depuis la simple collusion jusqu’à des représailles pouvant mettre en danger l’intégrité physique des personnels et leurs proches.
La mise en place de ce dispositif s’inscrit dans une démarche préventive plus que répressive, visant avant tout à protéger les gendarmes contre des sollicitations extérieures. L’encadrement hiérarchique et la vie en communauté constituent déjà des freins naturels aux comportements déviants, formant un contrôle social informel mais efficace.
Parallèlement, un groupe spécialisé dans la lutte contre la corruption a été constitué au sein de l’inspection générale. Sa mission consiste à améliorer la détection des situations à risque, la prévention des infractions et le traitement des cas avérés. Cette double approche, technologique et organisationnelle, vise à renforcer la vigilance face à des méthodes d’infiltration de plus en plus sophistiquées.

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