Économie
La course contre la montre pour un traité mondial contre le plastique
Les négociations internationales butent sur des divergences profondes, alors que la pollution plastique atteint des niveaux alarmants.
À Genève, les délégations de 185 pays s’affrontent dans une ultime tentative pour sceller le premier accord global visant à endiguer la prolifération des déchets plastiques. Les discussions, entamées le 5 août, devaient initialement s’achever ce 14 août à minuit, mais les désaccords persistants pourraient prolonger les débats bien au-delà de l’échéance prévue.
Les positions restent diamétralement opposées entre, d’un côté, une coalition menée par l’Union européenne, le Canada et plusieurs nations africaines et latino-américaines, favorables à une réduction drastique de la production et à l’interdiction des substances nocives, et de l’autre, les pays producteurs de pétrole, réticents à toute mesure contraignante. Le Kenya, fer de lance des États les plus engagés, insiste sur l’urgence d’un cadre commun. « Nous ne pouvons pas agir seuls », a déclaré sa ministre de l’Environnement, plaidant pour un compromis immédiat, quitte à préciser ultérieurement certains aspects techniques.
La présidence des négociations a soumis mercredi une proposition de texte, jugée trop timorée par les défenseurs de l’environnement. « Le manque d’ambition est inacceptable », a réagi un chef d’État européen, appelant à un accord à la hauteur des enjeux sanitaires et écologiques. Les organisations non gouvernementales, quant à elles, dénoncent l’influence des lobbies pétrochimiques, omniprésents dans les coulisses des pourparlers.
L’enjeu est de taille. Selon les projections, la fabrication de plastique, déjà estimée à 450 millions de tonnes annuelles, pourrait tripler d’ici 2060 si aucune régulation n’est mise en place. Or, moins de 10 % de ces matériaux sont aujourd’hui recyclés, le reste finissant dans les décharges ou les écosystèmes naturels. Face à ce constat, certains experts redoutent un échec pur et simple des négociations, tandis que d’autres envisagent un scénario encore plus sombre : l’adoption d’un traité vidé de toute substance.
Dans ce contexte tendu, les partisans d’une régulation stricte envisagent désormais de recourir au vote pour imposer leur vision, quitte à marginaliser les récalcitrants. Une issue qui, selon eux, reste la seule capable d’inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard.
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