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La cheffe du gouvernement japonais promet un rôle accru pour une région pacifique dégagée des pressions

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Lors d’une visite officielle au Vietnam, la Première ministre nippone Sanae Takaichi a réaffirmé sa volonté de bâtir un ordre régional fondé sur la liberté et l’État de droit, une position qui irrite régulièrement Pékin.

Sanae Takaichi a prononcé un discours à Hanoï devant des étudiants, affirmant sa détermination à ce que le Japon assume pleinement ses responsabilités internationales. Elle a insisté sur la nécessité de construire un ordre mondial reposant sur la liberté, l’ouverture, la diversité et l’inclusion, dans une région marquée par une compétition géopolitique croissante et des avancées technologiques rapides. La dirigeante a appelé les nations asiatiques à renforcer leur capacité à tracer leur propre voie, sans dépendre excessivement d’un seul partenaire.

Tokyo et Hanoï partagent des préoccupations communes face aux ambitions territoriales de la Chine en mer de Chine méridionale. Les deux capitales cherchent à élargir leur coopération économique et sécuritaire pour se prémunir des fluctuations du commerce mondial, notamment des mesures douanières américaines. Le Vietnam, fidèle à sa tradition de diplomatie équilibrée, s’efforce de maintenir des liens harmonieux avec toutes les grandes puissances, tandis que les relations entre le Japon et la Chine se sont nettement refroidies ces derniers mois.

Le concept d’une région indo-pacifique libre et ouverte, initialement formulé par l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, a été adopté par plusieurs partenaires des États-Unis cherchant à limiter l’influence chinoise. Pékin a dénoncé cette vision comme une tentative de raviver une logique de blocs. Sans jamais citer directement la Chine, Mme Takaichi a mis en garde contre les risques d’une dépendance excessive à un seul pays pour les approvisionnements essentiels, soulignant que des prix anormalement bas peuvent masquer des déséquilibres. Elle a également plaidé pour des conditions de concurrence équitables et insisté sur la nécessité de voies maritimes sûres, essentielles aux chaînes d’approvisionnement régionales.

Cette première visite de la Première ministre au Vietnam a donné lieu à la signature de plusieurs accords destinés à renforcer la coopération dans les domaines de la sécurité énergétique, de la résilience des chaînes d’approvisionnement et de l’innovation. Les deux pays ont convenu de travailler ensemble sur des enjeux de sécurité économique touchant l’énergie, les minéraux stratégiques, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et le spatial. Le Japon demeure le premier fournisseur d’aide publique au développement du Vietnam, ainsi qu’un investisseur et partenaire commercial de premier plan. L’an dernier, les échanges bilatéraux ont franchi pour la première fois la barre des 50 milliards de dollars.

Les deux nations ont également décidé d’élever leur partenariat stratégique à une nouvelle étape de développement. Six accords ont été signés, portant sur la technologie, l’adaptation au changement climatique, ainsi que l’information et la communication. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur attachement à un règlement pacifique des différends en mer de Chine méridionale, conformément au droit international.

En novembre dernier, Mme Takaichi avait suscité la colère de Pékin en évoquant une possible intervention militaire japonaise en cas d’attaque chinoise contre Taïwan. Le Japon accueille actuellement 60 000 soldats américains sur son sol.

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