Monde
La Bolivie à l’aube d’un tournant politique historique

Les dernières enquêtes d’opinion annoncent un possible basculement du pouvoir après deux décennies de gouvernance socialiste, marquée par des défis économiques majeurs.
Pour la première fois depuis 2005, le Mouvement vers le Socialisme (MAS), formation emblématique de la gauche bolivienne, pourrait perdre son hégémonie lors de la présidentielle du 17 août. Les données publiées ce week-end placent en tête Samuel Doria Medina, candidat du Front d’Unité nationale, crédité d’environ 21 % des intentions de vote. Juste derrière, l’ancien vice-président Jorge Quiroga, représentant la coalition de droite Libre, recueille près de 20 % des suffrages.
Un second tour, prévu le 19 octobre en cas de résultats serrés, scellerait alors la fin d’une ère politique dominée par Evo Morales et Luis Arce. Le pays traverse en effet une période de difficultés économiques inédites, avec une inflation annuelle frôlant les 25 % et une pénurie chronique de dollars. Ces enjeux ont largement éclipsé les thèmes traditionnels de campagne, recentrant le débat sur la relance et la stabilité financière.
L’absence de Morales, empêché de se représenter pour cause de limitation constitutionnelle des mandats, fragilise davantage le MAS. Ses partisans appellent à voter nul en signe de contestation, une option qui séduit près de 15 % des électeurs selon les sondages. Toutefois, ces bulletins ne seront pas pris en compte dans le scrutin final, réduisant leur portée politique.
Les tensions liées à cette exclusion avaient déjà provoqué des mobilisations violentes en juin, faisant plusieurs victimes. Réfugié dans le Chapare, région symbole de la culture coca, l’ancien président reste sous le coup d’un mandat d’arrêt qu’il récuse fermement. Dans ce contexte, le scrutin s’annonce comme un test décisif pour la démocratie bolivienne, entre continuité et rupture.

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