Monde
Kenya : la capitale paralysée par un déploiement policier massif avant des manifestations clés
Nairobi vit sous haute tension ce lundi, avec des rues désertes et des forces de l’ordre en état d’alerte maximale, alors que des mobilisations antigouvernementales sont attendues.
La capitale kényane, habituellement bouillonnante, offre ce lundi un visage inhabituel. Les artères principales ont été barrées par les autorités, qui redoutent une nouvelle flambée de contestation après les violences récentes. Cette journée du 7 juillet, surnommée « Saba Saba » en référence à la date du 7/7, marque traditionnellement l’anniversaire des soulèvements populaires de 1990 contre l’ancien régime autoritaire.
Cette année, la commémoration prend une dimension particulière, s’inscrivant dans un mouvement de protestation plus large contre la politique du président William Ruto. Depuis plusieurs mois, des manifestants dénoncent la hausse des taxes, les abus policiers et les disparitions forcées. Les précédentes mobilisations, fin juin, avaient dégénéré en affrontements, faisant plusieurs morts et des centaines d’arrestations.
En milieu de journée, peu de manifestants étaient visibles dans le centre-ville, pourtant épicentre des récentes mobilisations. Les forces de l’ordre ont dispersé à coups de gaz lacrymogène un petit groupe de jeunes leur lançant des pierres. Plus tôt dans la matinée, seuls quelques motos-taxis et policiers arpentaient les rues sous une pluie fine, dans une atmosphère étrangement calme.
Les réseaux sociaux ont relayé des images de rassemblements plus importants en périphérie de Nairobi et dans d’autres villes du pays, parfois réprimés à l’aide de canons à eau. Les organisateurs du mouvement, principalement issus de la jeunesse urbaine et connectée, maintiennent leur exigence d’un changement de politique, voire du départ du chef de l’État.
La réponse des autorités, jugée disproportionnée par les organisations de défense des droits humains, rappelle selon certains observateurs les méthodes répressives des années 1990. Pourtant, le contexte a changé : le Kenya se présente aujourd’hui comme une démocratie stable en Afrique de l’Est, ce qui rend d’autant plus visible la fracture entre le pouvoir et une partie de la population. Les appels au dialogue se multiplient, tandis que la tension reste palpable dans les rues de la capitale.





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