Monde
Israël et Hezbollah un cessez-le-feu qui ne tient pas


L’annonce d’une trêve n’a pas suffi à faire taire les armes au Liban. Les affrontements ont continué toute la nuit, et les négociations repartent à Washington dans un climat de défiance.
Les mots étaient pourtant clairs. Le Hezbollah a accepté de cesser le feu. Israël aussi, selon les déclarations officielles. Mais sur le terrain, les roquettes et les frappes aériennes ont poursuivi leur ballet macabre dans la nuit de lundi à mardi. Le Hezbollah a revendiqué une attaque contre un char israélien près de Hadatha, dans le sud du Liban. De leur côté, les forces israéliennes disent avoir intercepté deux projectiles venus du Liban. Des villages comme Marwaniyeh, Sidiqine ou Yater ont été visés par des bombardements israéliens. Une violente détonation a été entendue à Debbine. Bref, la trêve annoncée ressemble à une promesse vide.
Pourtant, un nouveau cycle de pourparlers doit s’ouvrir mardi et mercredi à Washington entre émissaires libanais et israéliens. C’est la quatrième tentative depuis le début de la guerre début mars. Le président libanais Joseph Aoun les présente comme le seul moyen d’en finir. Mais le Hezbollah s’y oppose. Et Israël continue d’intensifier son offensive, menaçant même de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement. Benjamin Netanyahu invoque des violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah. Pendant ce temps, l’armée israélienne mène au Liban son incursion la plus profonde depuis l’an 2000.
Dans ce climat tendu, l’Iran a remis de l’huile sur le feu. Les Gardiens de la Révolution menacent d’ouvrir de « nouveaux fronts » si les « lignes rouges » continuent d’être franchies. Téhéran conditionne tout accord régional à un cessez-le-feu au Liban. Et selon l’agence Tasnim, le dialogue indirect avec Washington est rompu, en raison notamment de l’offensive israélienne. Donald Trump, lui, a fait monter la pression en qualifiant Benjamin Netanyahu de « complètement fou » lors d’un appel téléphonique, accusant le Premier ministre israélien de saboter les négociations avec l’Iran. Il assure avoir demandé à Netanyahu de ne pas lancer un raid majeur sur Beyrouth, et que le Hezbollah aurait accepté d’arrêter les tirs. Des propos qui contrastent avec la réalité des combats. Le bilan est lourd : plus de 3 400 morts au Liban et un million de déplacés depuis le 2 mars. Côté israélien, 27 morts sont à déplorer. Le secrétaire général de l’ONU a recommandé de maintenir des casques bleus au Liban après 2026, une option qui risque de se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël.





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