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Israël et Hezbollah défient la trêve annoncée

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Les deux camps disent vouloir arrêter les hostilités, mais les roquettes et les frappes aériennes continuent de pleuvoir. À quelques heures d’un nouveau round de pourparlers à Washington, le terrain parle plus fort que les promesses.

L’annonce d’un accord de cessez-le-feu n’a pas suffi à calmer la poudre. Dans la nuit de lundi à mardi, les combats entre Israël et le Hezbollah ont repris de plus belle, malgré les déclarations de Donald Trump affirmant que les deux parties avaient accepté une suspension mutuelle des attaques. Au Liban, l’armée israélienne mène son incursion la plus profonde depuis son retrait en 2000. Elle a frappé plus de quarante localités dans le sud du pays, dont la région de Tyr, près d’un hôpital, faisant des blessés et d’importants dégâts. De son côté, le Hezbollah a revendiqué des tirs de roquettes contre des chars israéliens à Hadatha, ainsi que des attaques de missiles visant des objectifs militaires dans le nord d’Israël. Une escalade qui contredit directement les appels à la désescalade lancés quelques heures plus tôt.

Cette violence intervient alors que les négociations indirectes entre Israël et le Liban doivent reprendre mardi et mercredi à Washington. Le président libanais, Joseph Aoun, a qualifié l’offensive israélienne d’« agression féroce » et a insisté sur le fait que le dialogue restait « le seul moyen de mettre fin à la guerre ». Mais le Hezbollah, lui, s’oppose à ces pourparlers. Pendant ce temps, les menaces s’élargissent. L’Iran, via les Gardiens de la Révolution, a brandi la possibilité d’ouvrir de « nouveaux fronts », accusant Israël de franchir des « lignes rouges ». Téhéran conditionne tout accord régional à un cessez-le-feu au Liban et a rompu le dialogue indirect avec Washington, selon l’agence Tasnim. Même le président américain semble agacé par son allié : Donald Trump a qualifié Benjamin Netanyahu de « complètement fou » lors d’un appel téléphonique, l’accusant de mettre en danger la négociation avec l’Iran.

Les chiffres donnent le vertige. Depuis le 2 mars, plus de 3 412 personnes ont été tuées au Liban et plus d’un million déplacées. Côté israélien, le bilan est de 27 morts, dont 26 soldats. Une trêve censée avoir suspendu les combats depuis le 17 avril n’a jamais vraiment tenu. Les affrontements sont quasi quotidiens. Lundi soir, l’ambassadeur israélien à l’ONU a lancé un avertissement clair : « S’il n’y a pas de calme dans le nord d’Israël, il n’y aura pas de calme pour le Hezbollah. » De son côté, le secrétaire général de l’ONU a recommandé de maintenir des troupes onusiennes au Liban après le départ de la force actuelle fin 2026, pour surveiller le cessez-le-feu. Mais cette option risque de se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël. En attendant, dans le sud du Liban, les détonations continuent de retentir et les habitants fuient à nouveau.

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