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Ebola en RDC la pire flambée jamais enregistrée dans le pays

La RDC traverse la plus grave épidémie d’Ebola de son histoire, avec plus de 2.300 morts en trois mois. Les équipes médicales sont débordées et la…

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Ebola en RDC la pire flambée jamais enregistrée dans le pays

La RDC traverse la plus grave épidémie d’Ebola de son histoire, avec plus de 2.300 morts en trois mois. Les équipes médicales sont débordées et la défiance de la population aggrave la situation.

L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo a battu tous les records. Lundi, le bilan officiel dépassait les 2.325 décès sur près de 5.000 cas confirmés. C’est plus que les 2.299 morts enregistrés entre 2018 et 2020, qui représentaient jusqu’ici le pire épisode congolais. La maladie progresse à une vitesse inédite. D’après le chef des affaires humanitaires de l’ONU, une personne meurt toutes les 30 minutes et la propagation est la plus rapide jamais observée. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible pour le variant Bundibugyo en cause dans cette flambée.

La RDC n’a officiellement reconnu l’épidémie que le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard. Les régions du nord et de l’est sont des zones où l’État est fragile, les infrastructures de santé démunies et la riposte dépassée par l’explosion des cas. Pour mesurer l’ampleur du désastre, il suffit de se tourner vers l’épidémie ouest-africaine de 2014. Trois mois après le début, la RDC comptait sept fois plus de contaminations et cinq fois plus de morts, selon l’agence de santé de l’Union africaine. Le virus s’est déjà répandu dans six provinces de ce pays de plus de 100 millions d’habitants, où les déplacements de population échappent largement à la surveillance. Le voisin ougandais n’a pas été épargné, avec 20 cas confirmés et deux décès, mais il annonçait mi-juillet ne plus compter aucun malade.

À Bunia, capitale de l’Ituri, l’épicentre de la flambée avec près de 90% des cas depuis mi-mai, l’urgence est loin d’être visible dans les rues. La mairie a imposé des kits de lavage des mains devant les commerces, mais les clients continuent de se presser dans les marchés sans faire grand cas des mesures barrières. Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, constate que l’engagement des communautés reste trop faible. Plus de 70% des malades meurent à domicile, loin des centres de traitement. Dans le territoire de Djugu, les habitants préfèrent se soigner à la maison, persuadés qu’il s’agit d’un empoisonnement ou d’une autre pathologie. Jean-Paul Malo Lotsima, responsable de la société civile locale, explique que les familles n’amènent les malades à l’hôpital qu’à la dernière minute. Parfois, ils meurent en cours de route.

Flavier Ngurima, de la localité de Nizi, a vécu cette situation de plein fouet avec son frère. Un infirmier de la famille avait été appelé pour le soigner à la maison, car le malade et ses proches avaient peur de se rendre au centre de traitement. Ils disaient que là-bas, les gens mouraient beaucoup. Cette méfiance n’est pas le seul obstacle. Une myriade de groupes armés est active dans les zones touchées et complique encore l’accès aux communautés. La riposte est aussi critiquée pour sa lenteur et son manque d’organisation. L’agence de santé de l’Union africaine affirme que le taux de suivi des cas contacts annoncé par les autorités, plus de 80%, ne reflète pas la réalité. Seuls 12% des contacts de malades confirmés auraient été identifiés. La surveillance communautaire ne fonctionne pas, ajoute-t-elle, et il faudrait une coordination solide ainsi qu’une gestion financière transparente.

Les soignants locaux, infirmiers et personnels chargés des enterrements sécurisés, sont en première ligne et se sentent abandonnés. Plusieurs ont fait grève ou manifesté dans des hôpitaux de l’Ituri ces dernières semaines pour réclamer le paiement de leurs primes. Le Conseil international des infirmières a demandé aux autorités congolaises de les rémunérer et de les protéger d’urgence. Les moyens manquent aussi au niveau financier. Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de préparation et de riposte lancé début juin, seuls 264 millions ont été mobilisés, a indiqué l’OMS mercredi. Ebola se transmet par les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique. En un demi-siècle, le virus a tué plus de 15.000 personnes en Afrique. Plusieurs vaccins sont actuellement à l’essai contre la souche qui circule aujourd’hui.

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