Monde
Des duels à haut risque pour dessiner le nouveau visage du pouvoir américain
Le 3 novembre, les élections de mi-mandat vont concentrer l’attention sur plusieurs duels très suivis aux États-Unis. Du Texas au Maine, des candidats…


Le 3 novembre, les élections de mi-mandat vont concentrer l’attention sur plusieurs duels très suivis aux États-Unis. Du Texas au Maine, des candidats atypiques défient des sortants républicains dans des territoires qui pourraient basculer.
Au Texas, les démocrates n’ont plus gagné d’élection à l’échelle de l’État depuis plus de trente ans. James Talarico, 37 ans, ancien enseignant et séminariste presbytérien, veut croire que la série peut s’arrêter. Il vise un siège au Sénat et s’est fait remarquer l’an dernier par des vidéos virales où il s’appuyait sur sa foi chrétienne pour critiquer les républicains et leurs attaques contre la laïcité, en particulier à l’école. En face, Ken Paxton, procureur général du Texas, incarne une ligne ultraconservatrice, notamment contre l’avortement et les droits LGBT+. Sa carrière politique a été marquée par de nombreux scandales, sans que cela empêche Donald Trump de le soutenir lors des primaires face au sénateur sortant John Cornyn, jugé plus consensuel. Ce pari peut coûter cher aux républicains.
Dans la ceinture de rouille, autour des Grands Lacs, les terres industrielles ont longtemps voté démocrate avant de pencher à droite avec l’irruption de Donald Trump en politique. Le Michigan a choisi Joe Biden en 2020, puis un républicain en 2024. Pour le siège de sénateur, les républicains misent sur Mike Rogers, ancien député et ex-agent du FBI. Les démocrates ont préféré Abdul El-Sayed, médecin épidémiologiste aux idées clairement ancrées à gauche, vainqueur des primaires face à une figure de l’establishment. Ce duel teste la capacité des nouvelles personnalités de l’aile gauche à gagner dans des territoires qui alternent entre les deux camps. Dans l’Ohio voisin, le sénateur républicain sortant John Husted tente de conserver son siège face à Sherrod Brown, lui-même ancien sénateur depuis sa défaite en 2024. Les sondages les placent au coude-à-coude. L’Ohio élit aussi son gouverneur, avec Vivek Ramaswamy, un temps candidat aux primaires républicaines de 2024 avant de se rallier à Donald Trump, opposé à la démocrate Amy Acton.
En Alaska, Mary Peltola, ancienne juge tribale amérindienne, a construit son slogan autour de trois mots, poisson, famille, liberté. Donald Trump a gagné l’État avec 13 points d’avance en 2024, mais le contexte actuel laisse une chance à la candidate démocrate face au sénateur républicain sortant Dan Sullivan. L’Alaska permet aux électeurs de classer leurs candidats préférés sur leur bulletin. Cette année, outre Mary Peltola et Dan Sullivan, un autre Dan Sullivan figure sur le bulletin, un homonyme du sortant. Dans le Maine, la sénatrice républicaine sortante Susan Collins, perçue comme modérée et parfois critique de Donald Trump, affronte le démocrate Troy Jackson, un bûcheron. Les deux insistent sur leur soutien à la pêche au homard, une industrie de plus d’un milliard de dollars par an dans cet État côtier du nord-est. Leur vrai terrain d’affrontement reste le coût de la vie, surtout le prix des carburants. Le Maine vote démocrate à chaque présidentielle depuis 1992, mais Susan Collins a été réélue sans interruption depuis 1996. Avec un contexte national défavorable à Donald Trump, 2026 pourrait être l’année de sa défaite, à 73 ans.
Dans les Grandes Plaines, l’Iowa, le Kansas et le Nebraska sont trois États agricoles du centre du pays et des bastions républicains. Les sondages donnent pourtant aux démocrates l’espoir de gagner au moins un siège au Sénat, notamment au Kansas, où Adam Hamilton, pasteur d’une méga-église, bouscule le sortant républicain Roger Marshall. En Iowa, le démocrate Rob Sand est en position favorable pour devenir gouverneur. Josh Turek, double champion paralympique de basket-ball, espère de son côté devenir sénateur face à la républicaine Ashley Hinson, actuellement députée. Au Nebraska, il n’y a pas de candidat démocrate, mais un indépendant, Dan Osborn, qui compte sur le mécontentement contre Donald Trump pour battre le sénateur républicain sortant Pete Ricketts.
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