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De la cale d’un bateau aux bureaux de L’Oréal, le parcours d’un ancien réfugié

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_**Le récit de Karam Hassan illustre une trajectoire hors du commun, passée des épreuves de l’exil à une intégration réussie en France, ponctuée par la publication d’un livre témoignage.**_

Contraint de quitter le Soudan, un homme a connu les conditions extrêmes de la migration, enfermé dans des embarcations de fortune avant de transiter par des camps. Aujourd’hui installé à Paris, il exerce des responsabilités au sein d’une grande entreprise et revient sur son parcours dans un ouvrage récent. Il y exprime sa gratitude envers ceux qui l’ont soutenu, avouant avoir du mal à mesurer le chemin parcouru.

Après des études à l’étranger, des accusations liées à ses activités politiques l’ont placé dans une situation intenable dans son pays d’origine. Face à cette impasse, sa famille l’a incité au départ, lui permettant de financer une première étape vers l’Égypte. Là-bas, des promesses fallacieuses l’ont conduit vers la Méditerranée, loin de la traversée paquebot qu’on lui avait décrite. Il a alors embarqué, malgré son appréhension, sur une fragile embarcation surchargée.

Le voyage en mer s’est rapidement transformé en épreuve. Transféré sur un navire à la dérive, il a subi la promiscuité et des conditions sanitaires dégradantes dans l’entrepont, au point de douter de sa survie. Le sauvetage par un cargo et son arrivée en Sicile ont marqué un premier répit. Désireux de rejoindre le Royaume-Uni, il a poursuivi sa route à travers la France, connaissant la rue parisienne puis le camp de Calais, où il a découvert à la fois la rudesse et les formes de solidarité propres à ces lieux.

Après plusieurs tentatives infructueuses pour passer la frontière britannique et profondément affecté par un drame survenu à un proche, il a finalement choisi de déposer une demande d’asile en France. Cette décision a ouvert une nouvelle phase de sa vie. Accueilli dans un foyer dans le nord de la France, il y a rencontré une bénévole qui lui a enseigné la langue française, qu’il considère comme le socle de son intégration.

Une fois son statut de réfugié obtenu, il a entrepris avec succès un cursus universitaire, obtenant un master en management après une formation en français. Un stage au sein de la fondation d’un groupe de cosmétiques a constitué un tournant, débouchant sur une embauche en contrat à durée indéterminée en 2020. Il y a d’abord travaillé sur des projets sociaux avant d’évoluer vers un poste de chef de projet dans les services informatiques de l’entreprise.

L’obtention de la nationalité française a représenté pour lui une étape symbolique majeure, couronnant un long processus. Aujourd’hui, il affirme avoir retrouvé un sentiment de dignité et de légèreté. Il a par ailleurs créé une association destinée à porter la parole des réfugiés, estimant que la solidarité est une valeur essentielle.

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