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Culture

Dans le monde d’après, les ex-Daft Punk avancent toujours masqués

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Album solo, production pour d’autres, B.O de films ou de jeux vidéo: « tout est ouvert » pour les deux membres de l’ex-duo Daft Punk, qui ont toujours « tendance à jaillir là où on ne les attend pas » décrivent pour l’AFP les connaisseurs du groupe.

« Personne n’est jamais arrivé à se mettre dans leurs têtes: c’est dur de percer le casque des robots », prévient Patrice Bardot, une des signatures de la bible « Electrorama, 30 ans de musique électronique française » (Marabout).

« La musique chez eux est très facile à cerner, ultra-référencée, mais pour ce qui est de leur personnalité, c’est plus compliqué », acquiesce Yves Bigot, co-auteur avec Michel et Camille Goujon de « Daft Punk, incognito » (L’Archipel).

Nul ne les voit s’arrêter en tout cas. Poussé par à filer la métaphore de deux robots qui disparaissent pour devenir des étoiles, Jean-Michel Jarre, figure tutélaire de l’électro, a rebondi: « non, les étoiles, ce sont des astres que l’on voit quand ils sont morts, eux sont bien vivants et vont continuer leur carrière ».

Passeront-ils par la case album solo ? C’est ce qui arrive en général avec les duos de la French Touch, comme les deux membres de Air, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel, qui en sont à plusieurs projets personnels. Un album de Gaspard Augé, moitié de Justice, est également annoncé par la presse spécialisée.

Derrière la caméra ?

Patrice Bardot dépeint pour les ex-Daft « un après qui correspond déjà à un avant », puisque depuis leur dernier album « Random Access Memories » (2013, porté par le tube « Get Lucky ») ils se sont « occupés chacun de leur côté ».

Thomas Bangalter, 46 ans, a en effet signé la B.O. de films de Gaspar Noé tandis que Guy-Manuel de Homem-Christo, 47 ans, a travaillé avec Charlotte Gainsbourg ou produit Sébastien Tellier.

« Oui, ils ont déjà produit pour d’autres, mais entre musiques pour le cinéma, pour jeux vidéo ou films d’animation, il y a tellement de possibilités, sans oublier que le cinéma les intéresse aussi derrière la caméra », prolonge Yves Bigot.

Le petit film vidéo annonçant leur séparation lundi est ainsi tiré d' »Electroma », long-métrage réalisé en 2006 par le binôme casqué. « Est-ce qu’il y aura la même hystérie autour d’un projet de Bangalter ou de Homem-Christo? Je n’en suis pas sûr, c’était l’alliance des deux qui produisait cet effet, il n’y a qu’à voir l’annonce de leur séparation: on a l’impression qu’ils sont morts », commente encore Patrice Bardot.

« Tout est ouvert, je me demande même si il n’y aura pas un dernier album qui s’appellera +Epilogue+ », s’amuse Yves Bigot. C’est le titre choisi pour le clip de 8 minutes devenu viral lundi, clap de fin de 28 ans de collaboration.

« Ils vont rester cachés »

Pourraient-ils, à l’instar de SebastiAn, autre acteur de la French Touch, mettre en sons des défilés de mode? « Ils seront attirés par des projets sur lesquels ils auront une grande indépendance, car ils n’ont pas besoin d’argent, nuance Patrice Bardot. Ils ont tendance à jaillir là où on ne les attend pas ».

Yves Bigot souligne cette donnée « difficile à intégrer quand on parle d’artistes français: ils sont des stars de surface planétaire, à l’abri du besoin pour des générations ». « Et avec leur aura, les gens qu’ils vont solliciter vont forcément dire oui, développe-t-il. Qui peut les refuser? Spielberg, Coppola? Et encore, Sofia Coppola a eu Air pour une B.O., le père pourrait vouloir le cran au-dessus (rires) ».

Jean-Michel Jarre serait « absolument heureux de travailler avec l’un ou l’autre ».

Quoi qu’il advienne, « ils ne vont pas changer de politique, ils vont rester cachés », avance Patrice Bardot. Yves Bigot ne voit pas non plus « l’un d’entre eux devenir juré de The Voice (rires) ». « Guy-Manuel est de toute façon timide, c’est celui qui parle le moins en interview et Thomas ne va pas devenir David Guetta », poursuit-il.

« Et rien ne leur interdit, plus tard, de se reformer, il y a plein d’exemples dans l’histoire de la musique », conclut Yves Bigot. La machine à rumeurs autour de Daft Punk n’a pas fini de tourner à plein régime.

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Bassin de Thau

Sète : Le Théâtre de poche, une directrice passionnée

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France-Jehanne Lee - Théâtre de poche

Originaire de Lyon, et installée depuis plus de 30 ans dans le Sud, la voie de France-Jehanne Lee est imprégnée d’une attirance incontestable pour le monde artistique et surtout le spectacle vivant. Elle forge son expérience sur les planches, devient professeur de théâtre et chante également dans l’esprit cabaret du Gréco ou du Barbara. France-Jehanne se tourne également vers l’enfance à la suite d’une formation sur le conte et revêt son costume de marionnettiste et conteuse pendant une dizaine d’années.

Sensible aux manques d’espaces et de lieux de travail pour les artistes, passionnée par le théâtre et amoureuse inconditionnelle du travail des comédiens, elle décide d’ouvrir une salle de spectacles avec beaucoup d’investissements personnels, une énergie débordante et une politique culturelle qui ne la quittera pas : offrir une programmation de grande qualité artistique et un choix éclectique en proposant 4 spectacles par semaine !!

Ce sont un peu plus de 60 compagnies professionnelles qui sont programmées chaque année pendant une saison culturelle pour une moyenne de 160 représentations.

Le Théâtre de poche naît en septembre 2004, niché Grande rue Haute à Sète. Un nom qui surgit spontanément, car c’est un lieu intimiste qui privilégie : la proximité et les rencontres entre le public et les artistes. Un hommage aussi à Jean Vilar (qui manque beaucoup dans le paysage culturel sétois) !

La programmation est construite telle qu’elle l’a pensée, élaborée, depuis maintenant 17 ans, et qu’elle poursuit. C’ est celle d’un théâtre ouvert au plus grand nombre dans sa diversité et accessible à tous. Un équilibre des genres et des styles, France-Jehanne y apporte un intérêt tout particulier. L’éclectisme définit cette ligne artistique, fonctionnant aussi aux coups de cœur, cheminant ainsi, dans la vie et dans son travail.

France-Jehanne déclare :  » Le Théâtre de Poche est également une école de théâtre pour enfants, adolescents et adultes, un lieu de résidence, donc de création,  mais aussi un endroit accueillant chaque saison des expositions différentes ».

Aujourd’hui le Théâtre de Poche a atteint une renommée internationale grâce au travail, et sûrement aussi par amour, et passion.

À ce jour, ce sont un peu plus de 960 compagnies qui se sont produites sur la scène du Théâtre de Poche, alors qu’en 2004 tout était à faire et le pari, osé et risqué. L’action continuera, tant que France-Jehanne pourra, à travailler dans cet état d’esprit et de cœur liés à une émotion indéfectible.

La crise sanitaire est venue perturber bien des projets et la programmation établie est aujourd’hui en sommeil. France-Jehanne nous transmet une telle énergie, que nous n’avons aucun doute : les projecteurs du Théâtre de poche se rallumeront dès la fin des restrictions sanitaires.

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Culture

« Un bref instant de splendeur » d’Océan Vuong : Le pouvoir des mots

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Cette semaine, pendant que notre ministre de la culture croisait les doigts pour espérer une sortie de crise sanitaire rapide, les librairies sont devenues des commerces essentiels. 

Cette semaine, aussi, deux auteurs essentiels nous ont quittés : Joseph Ponthus, auteur du fabuleux « A la ligne » et Philippe Jaccottet, écrivain et illustre poète. Je ne me sentais pas légitime pour écrire un hommage à ces deux pointures, j’ai trouvé mieux : un trait d’union. Un récit authentique. Un petit roman qui a la poésie de Jaccottet et les fulgurances de Ponthus :

« Si la vie d’un individu, comparée à l’histoire de notre planète, est infiniment courte, un battement de cils, comme on dit, alors être magnifique, même du jour de votre naissance au jour de votre mort, c’est ne connaître qu’un bref instant de splendeur. »

Océan Vuong écrit une longue lettre à sa mère. Une lettre qu’elle ne lira sans doute jamais. De la guerre du Vietnam à l’enfance Américaine, de ses premiers souvenirs de petit garçon où la violence maternelle était protégée par les bras d’une grand-mère abimée par la guerre, de ses premiers émois amoureux racontés crûment, dans une Amérique ravagée par les traitements antidouleurs, Océan Vuong arrive à sortir de tout ça la substantifique moelle qui fait de son récit une merveilleuse leçon de vie. Ses confessions se lisent comme on écoute un murmure. C’est un moment unique où le temps est suspendu. 

« L’autre jour à la pause j’entends une ouvrière dire à un de ses collègues « Tu te rends compte aujourd’hui c’est tellement speed que j’ai même pas eu le temps de chanter » 

Je crois que c’est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière » Joseph Ponthus « A la ligne » Editions Table Rond

« Les larmes quelquefois montent aux yeux comme une source elles sont de la brume sur des lacs, un trouble du jour intérieur, une eau que la peine a salé » Philippe Jaccottet «  A la lumière d’hiver » Poésie Gallimard

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Privé de son public, l’orchestre de Franche-Comté fait la tournée des lycées

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Il devait jouer devant 1.200 personnes, il se retrouve dans des lycées: contraint par la pandémie d’annuler tous ses concerts, l’orchestre Victor Hugo Franche-Comté (OVHFC) investit de nouveaux lieux pour continuer à se produire, tout en réclamant un calendrier de reprise pour retrouver la « magie » de la scène.

Les mélodies de Wagner, Bach ou Mozart raisonnent entre les rayonnages de manuels scolaires rangés par catégorie, « sciences de la nature », « mathématiques » ou « géographie ». Au CDI du lycée Germaine Tillon de Montbéliard jeudi, ils sont onze musiciens, installés en cercle, au centre duquel viennent s’asseoir, par groupes de six, élèves et professeurs, pour les écouter.

Le dispositif, minimaliste, a été conçu pour respecter les consignes sanitaires, mais il offre au spectateur d’être au plus près des instruments.

« C’est super bien, on est plongé au cœur de la musique, on peut ressentir toutes les sensations qu’on veut si on arrive à se concentrer », s’enthousiasme Morgane, 15 ans, en seconde professionnelle. « Les percussions, j’avais l’impression que c’était les battements de mon cœur ».

« C’est une vraie chance pour nos élèves, qui n’ont pour la grande majorité d’entre eux, jamais entendu de musique classique en direct », abonde Katia Faedo, professeure de lettres, qui se dit « déçue de ne pas pouvoir emmener (ses) élèves au théâtre dans le contexte actuel ».

« Maintenir un maximum d’activité »

Selon sa programmation, l’orchestre aurait dû à la place se produire au théâtre Ledoux, scène nationale à Besançon, sous la direction de Dina Gilbert, cheffe d’orchestre canadienne de renom. La manifestation a évidemment été annulée à cause de l’épidémie de Covid-19.

« On s’adapte à la situation, avec le souci de maintenir un maximum d’activité », explique Vincent Adami, administrateur de l’OVHFC. « Dès qu’une annulation intervient, on essaie de rebondir, de monter un autre projet ».

Ainsi, grâce au maintien des subventions, la direction a réussi à trouver des alternatives à chacun des concerts annulés depuis le mois d’octobre, en mettant en place des enregistrements pour la radio ou la télévision, ou en allant à la rencontre des habitants avec ce dispositif, intitulé « Au cœur de l’orchestre ». Celui-ci est décliné dans huit établissements scolaires de la région Bourgogne-Franche-Comté, après être passé par d’autres lieux publics.

« C’est un mal pour un bien », concède Vincent Adami. « Au final, on va toucher plus de monde, presque 1.400 élèves avec cette formule, que si on avait été dans la salle de spectacle », se réjouit-il, estimant que ce type de proposition répond à la « mission de service public » assignée à l’orchestre, à laquelle il est très attaché.

« C’était vital »

Un an après l’imposition des premières restrictions et fermetures dans le milieu culturel, tous les personnels de l’OVHFC applaudissent cette poursuite de l’activité malgré les contraintes.

« C’était vital. Si on n’avait pas pu se réunir depuis un an, il est évident que ce serait la mort de l’orchestre », juge le délégué général, David Olivera.

« Et vu le contexte, c’est une chance de travailler », abonde Cyril Vouriot, technicien au statut d’intermittent. « Par rapport à certains amis qui n’ont rien depuis six mois, voire plus, ça offre davantage de sécurité et de sérénité » confie-t-il, même si les droits des intermittents sont assurés jusqu’au 31 août. « Ca permet de voir venir, au moins un petit peu ».

L’orchestre s’associe néanmoins aux revendications exprimées par les instances représentatives du secteur, rassemblées jeudi dans une vingtaine de villes de France pour réclamer un « calendrier réaliste » de réouverture des lieux culturels et des garanties en termes d’emploi. « Si je n’avais pas dû être ici (au lycée), j’aurais été à la mobilisation de Besançon », assure le technicien.

« L’époque fait qu’on cherche des manières de travailler différentes, on doit continuer à jouer ensemble pour exister », conclut la violoniste Isabelle Debever, co-soliste au sein de l’orchestre. « Mais on a besoin du côté magique de la scène ».

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