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Cuba plongé dans le noir pour la quatrième fois en six mois

Le réseau électrique cubain s’est effondré vendredi, laissant 9,6 millions d’habitants sans courant. Une nouvelle panne générale qui s’ajoute à une série…

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Cuba plongé dans le noir pour la quatrième fois en six mois

Le réseau électrique cubain s’est effondré vendredi, laissant 9,6 millions d’habitants sans courant. Une nouvelle panne générale qui s’ajoute à une série noire, alors que la chaleur tropicale et le blocus américain compliquent tout rétablissement.

Samedi soir, à La Havane, à peine 12% des foyers avaient retrouvé l’électricité. Moins de 24 heures plus tôt, ils n’étaient que 7%. La capitale abrite pourtant 1,7 million d’habitants. Cette panne est la quatrième coupure générale en six mois, et la neuvième depuis fin 2024. Un chiffre qui donne le vertige dans un pays où l’été tropical rend la vie sans climatisation ou réfrigérateur presque insoutenable.

Les Cubains ne cachent plus leur épuisement. « Je ne peux rien faire, juste m’adapter pour continuer à vivre », confie Eneyda Gomez, 71 ans. Un autre habitant, Pedro Martinez, 63 ans, parle d’un « niveau de stress insupportable ». Pourtant, il ne croit pas à une explosion sociale. « Ce peuple cherche à résoudre ses problèmes comme il peut, je doute qu’il se soulève vraiment », dit-il. Une lassitude qui n’a pas débouché sur des manifestations de masse comme en juillet 2021.

Le gouvernement cubain pointe du doigt le blocus pétrolier américain. Depuis janvier, Washington n’a autorisé qu’un seul pétrolier russe à livrer du brut, en mars. Les 100 000 tonnes sont épuisées. Sans diesel, les générateurs de secours ne peuvent fonctionner pour accélérer les réparations. À cela s’ajoute la vétusté des infrastructures électriques. Les délestages dépassent désormais 30 heures d’affilée à La Havane et plusieurs jours en province, malgré un programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans.

Les tensions avec les États-Unis n’arrangent rien. Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les sanctions se multiplient contre des entreprises et des dirigeants cubains. Le président américain qualifie l’île de « menace extraordinaire » et évoque même l’idée d’en « prendre le contrôle ». Les pourparlers diplomatiques piétinent En juin, le chef de la diplomatie cubaine a reconnu qu’il n’y avait « aucun progrès ». Pendant ce temps, dans les quartiers les plus touchés, la colère gronde en sourdine des habitants tapent sur des casseroles ou brûlent des tas d’ordures pour se faire entendre.

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