Monde
Cristina Kirchner face à une nouvelle procédure judiciaire

L’ancienne cheffe de l’État argentein comparaît dans une affaire de corruption présumée, un épisode judiciaire qui s’inscrit dans un contexte politique défavorable pour le mouvement qu’elle incarne depuis deux décennies.
L’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner est confrontée depuis jeudi à un nouveau procès pour des faits de corruption présumés. Cette procédure s’ajoute à une condamnation déjà prononcée en juin dernier, confirmant l’accumulation des difficultés judiciaires pour cette figure majeure de la vie politique argentine. À soixante-douze ans, l’ex-mandataire purge déjà une peine de prison à domicile et se trouve dans l’impossibilité de se présenter à toute élection.
L’affaire dite « des Cahiers » implique quatre-vingt-sept prévenus, parmi lesquels d’anciens responsables publics et des entrepreneurs. Les investigations se concentrent sur la période 2003-2015, couvrant les années où Mme Kirchner fut première dame puis présidente de la Nation. Le dossier repose sur des annotations détaillées, consignées par un chauffeur ministériel, qui auraient enregistré des transferts d’argent liquide en provenance d’entreprises – principalement du secteur des travaux publics – à destination de membres de l’administration.
Le ministère public évoque l’existence d’un système organisé de collecte de fonds, associé à des contrats publics, et fondé sur des échanges d’avantages réciproques. Bien qu’aucun montant global n’ait été officiellement avancé dans l’acte d’accusation, certains médias ont fait état de plusieurs dizaines de millions de dollars en jeu. La défense de l’ancienne présidente dénonce quant à elle des preuves manipulées et des témoignages obtenus sous pression, qualifiant cette instruction de « honte judiciaire ».
Mme Kirchner, qui se présente comme la cible d’une persécution politique, avait déjà été condamnée dans une autre affaire pour gestion frauduleuse de marchés publics dans la province de Santa Cruz. Malgré son isolement relatif, elle conserve une certaine activité depuis son domicile de Buenos Aires, où elle reçoit des visites et commente régulièrement l’actualité sur les réseaux sociaux.
Ce nouveau procès, qui pourrait s’étendre jusqu’en 2026, intervient dans un contexte de fragilité pour le péronisme. La défaite aux dernières élections législatives et l’absence actuelle d’une figure fédératrice au sein de l’opposition accentuent les incertitudes quant à l’avenir du mouvement. Les observateurs politiques estiment que cette affaire judiciaire participe d’un affaiblissement durable du kirchnérisme, courant qui a marqué la vie argentine depuis le début des années 2000.

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