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Christophe Ruggia face à la justice en appel pour des faits remontant à la minorité d’Adèle Haenel


_**Le réalisateur, condamné en première instance, comparaît à nouveau. Cette affaire, devenue emblématique, continue d’interroger les dynamiques de pouvoir au sein du cinéma français.**_
L’appel du procès de Christophe Ruggia s’est ouvert ce vendredi à Paris. Le cinéaste, âgé de soixante ans, avait été condamné l’an dernier à une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont deux sous surveillance électronique, pour des agressions sexuelles sur la personne d’Adèle Haenel. Les faits reprochés se seraient produits alors que l’actrice était âgée de douze à quatorze ans.
L’affaire, révélée par Mediapart en novembre 2019, plonge ses racines dans le tournage du film « Les Diables », au début des années 2000. Christophe Ruggia y avait offert son premier rôle à l’adolescente. Par la suite, des rendez-vous réguliers se seraient instaurés au domicile du réalisateur. Adèle Haenel a décrit à la barre, lors du premier procès, des attouchements répétés et subis, face auxquels elle affirme avoir été paralysée. Elle a évoqué des propos tenus par l’intéressé, qui l’aurait menacée de la renvoyer « dans le néant » si elle le rejetait.
De son côté, Christophe Ruggia a toujours rejeté en bloc ces accusations, les qualifiant de « purs mensonges ». Il a déclaré n’avoir jamais éprouvé d’attirance sexuelle pour la jeune fille à l’époque, tout en reconnaissant une « sensualité débordante » chez elle. Le cinéaste a laissé entendre avoir été désigné comme une figure propice au lancement du mouvement #MeToo en France. Les débats en première instance avaient été marqués par une tension extrême, culminant avec le départ fracassant de l’actrice de la salle d’audience.
Dans son verdict, le tribunal correctionnel de Paris avait retenu l’existence d’une relation d’emprise. Les magistrats avaient estimé que l’homme avait abusé de son ascendant sur la jeune comédienne débutante, une autorité née sur le plateau et prolongée dans la sphère privée. Ils avaient condamné Christophe Ruggia à indemniser Adèle Haenel pour son préjudice moral et les frais de suivi psychologique engagés.
Depuis la médiatisation de cette affaire, le parcours de l’actrice, doublement récompensée aux César, a radicalement changé. Après son rôle dans « Portrait de la jeune fille en feu » en 2019, elle a progressivement quitté l’univers du cinéma. Elle se consacre désormais au théâtre et à un militantisme politique, expliquant avoir voulu dénoncer la complaisance qu’elle perçoit dans le milieu du 7e art. Le procès en appel doit désormais réexaminer l’ensemble des éléments de ce dossier complexe, dont les répercussions dépassent largement le cadre judiciaire.





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