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Bolivie L’état d’exception décrété après des semaines de blocages et un accord surprise

Un accord avec le principal syndicat a mis fin à une partie des protestations, mais d’autres groupes poursuivent la mobilisation. Le président bolivien a…

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Bolivie L'état d'exception décrété après des semaines de blocages et un accord surprise

Un accord avec le principal syndicat a mis fin à une partie des protestations, mais d’autres groupes poursuivent la mobilisation. Le président bolivien a décrété l’état d’exception sur tout le territoire, dénonçant une tentative de déstabilisation.

En Bolivie, la crise sociale n’en finit pas de s’envenimer. Après plus de six semaines de manifestations et de barrages routiers qui ont paralysé le pays, le président Rodrigo Paz a annoncé samedi le déclenchement de l’état d’exception sur l’ensemble du territoire. Une décision radicale, justifiée par l’échec du dialogue avec certains secteurs. Pourtant, quelques heures plus tôt, un accord venait d’être signé avec la principale centrale syndicale du pays, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), qui avait promis de lever ses actions de pression.

L’accord conclu avec la COB prévoit notamment que le gouvernement s’engage à ne pas privatiser les entreprises publiques, une revendication centrale des syndicats. Des groupes de travail doivent aussi être mis en place pour examiner d’autres demandes, comme le sort des personnes arrêtées lors des affrontements. Le dirigeant syndical Mario Argollo a donné un délai de 90 jours au gouvernement pour avancer sur ces points, estimant que la balle est désormais dans son camp. Mais cette trêve ne fait pas l’unanimité. Des groupes paysans et les cultivateurs de coca du Chapare, région de l’ancien président Evo Morales, refusent de baisser les bras. Ils accusent la COB de trahison et annoncent durcir leurs barrages routiers.

Le président Paz, de son côté, se défend d’avoir trop tardé. Il affirme avoir épuisé toutes les voies du dialogue avant de recourir à la force. Dans son allocution télévisée, il a ordonné à la police et à l’armée de rétablir la libre circulation et de garantir la sécurité de la population. Il a aussi dénoncé ce qu’il appelle une tentative de coup d’État menée par des groupes violents. Le gouvernement accuse régulièrement Evo Morales d’avoir encouragé les protestations, même si le leader syndical Mario Argollo assure que l’ancien président n’a jamais dirigé le mouvement. En attendant, les pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant continuent de frapper plusieurs villes, notamment La Paz. Une cinquantaine de barrages sont encore en place, et l’état d’exception donne désormais au pouvoir les moyens de les démanteler par la force.

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