Monde
Birmanie : une école réduite en cendres, des familles dévastées par la perte de leurs enfants


Un bombardement aérien a frappé une école en pleine trêve, faisant des dizaines de victimes parmi les écoliers et leurs enseignants. Les autorités militaires nient toute responsabilité.
Dans un village reculé de la région de Sagaing, en Birmanie, des parents éplorés ont enterré leurs enfants, fauchés par une attaque aérienne qui a visé leur établissement scolaire. Les images du lieu montrent des murs éventrés, des sacs d’écoliers abandonnés et des traces de sang séché sur les cahiers. Parmi les victimes, une fillette de sept ans, la plus jeune à avoir péri dans cette tragédie.
Les témoins décrivent une scène de chaos. Au moment de l’explosion, une obscurité soudaine a envahi les salles de classe, suivie d’une épaisse fumée rendant la respiration difficile. Certains élèves, grièvement blessés, ont tenté de fuir malgré leurs blessures, tandis que d’autres n’ont pas survécu. Un enseignant raconte avoir porté secours à une enfant en état de choc, tenant encore dans sa main un membre arraché par le souffle de la bombe.
Les autorités locales affirment que l’attaque a été menée par l’armée birmane, malgré les dénégations de la junte au pouvoir. Celle-ci qualifie ces accusations de « fabulations », alors même que les villageois ont pu constater les dégâts causés par l’impact. La région, en proie à des tensions persistantes depuis le coup d’État de 2021, est régulièrement le théâtre d’affrontements entre forces gouvernementales et groupes rebelles.
Les funérailles ont eu lieu dans la douleur, les familles recouvrant de terre les corps enveloppés dans des tissus, sous les sanglots des proches. « Nos enfants n’avaient rien fait. Pourquoi les tuer ? », s’interroge un père, dont les deux enfants ont péri dans l’explosion. La communauté internationale a exprimé son indignation, mais sur place, l’impuissance et le désespoir dominent.
Cette frappe intervient paradoxalement en période de trêve, censée faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire après le récent séisme meurtrier qui a frappé le pays. Pour les habitants, cette violence aveugle contre des civils, et surtout des enfants, marque un nouveau seuil dans la brutalité du conflit. « Si l’on tue les écoliers, c’est l’avenir même du pays que l’on assassine », déplore un responsable local.
Alors que les condamnations se multiplient, les familles des victimes attendent davantage que des mots. « Y aura-t-il un jour justice pour nos enfants ? », murmure une mère en larmes. La question reste sans réponse.





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