Économie
L’UE esquisse une stratégie pour sécuriser l’approvisionnement en kérosène et explore la piste américaine
Face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la flambée des prix du carburant aéronautique, Bruxelles multiplie les scénarios pour éviter une rupture d’approvisionnement cet été, sans écarter le recours à un carburant américain jusqu’ici non distribué sur le continent.
La fermeture du détroit d’Ormuz et le conflit en cours au Moyen-Orient ont provoqué une hausse brutale du prix du kérosène, suscitant des inquiétudes sur d’éventuelles ruptures de stock durant la saison estivale. Plusieurs transporteurs, notamment des compagnies low-cost, ont déjà annoncé des annulations de vols. Bruxelles assure néanmoins qu’aucune pénurie n’est à déplorer pour l’instant. Le ministre français de l’Économie a récemment déclaré qu’il n’y avait « aucune crainte » pour les mois de mai et juin, et que les risques étaient jugés limités par la suite. Avant le déclenchement des hostilités, environ un cinquième du kérosène consommé en Europe transitait par le détroit d’Ormuz.
Pour l’heure, le problème est davantage économique que logistique, selon un spécialiste du transport aérien. La hausse des coûts pèse sur les compagnies, mais les réserves ne sont pas encore entamées. Toutefois, si la crise devait se prolonger, des difficultés d’approvisionnement pourraient survenir. La Commission européenne a mis en place un observatoire du kérosène afin de mieux suivre l’évolution de la situation. Car la législation européenne impose des stocks stratégiques de produits pétroliers équivalant à 90 jours d’importations nettes et 61 jours de consommation intérieure, sans distinguer les différents types de carburants. Certains États membres, comme l’Irlande, sont jugés plus vulnérables en raison de leur faible capacité de raffinage, tandis que d’autres, à l’image de la Finlande, semblent mieux préparés.
Dans ce contexte, Bruxelles s’apprête à dévoiler des recommandations techniques et réglementaires pour optimiser l’utilisation du kérosène. L’Agence européenne de la sécurité aérienne doit notamment se prononcer sur la possibilité d’utiliser le Jet A, un carburant produit aux États-Unis mais non distribué en Europe pour des raisons de normes techniques. Ce carburant, moins exigeant que le Jet A-1 européen en matière de résistance aux très basses températures, nécessiterait des adaptations réglementaires et logistiques. Certaines compagnies aériennes plaident pour des dérogations dès cet été. Parallèlement, l’exécutif européen entend préciser les assouplissements possibles concernant le « tankering », une pratique qui consiste à embarquer plus de carburant que nécessaire pour éviter de faire le plein dans un aéroport où le prix est plus élevé. Des flexibilités sont également envisagées sur les créneaux aéroportuaires afin de ne pas pénaliser les compagnies qui renonceraient temporairement à une liaison en raison du coût du carburant.
En cas de persistance de la crise, les Vingt-Sept pourraient se coordonner pour libérer des stocks d’urgence et organiser un partage volontaire du kérosène entre États membres. À plus long terme, la Commission insiste sur le développement des carburants d’aviation durables, dits SAF, qui permettraient de renforcer l’indépendance énergétique du continent tout en répondant aux enjeux climatiques.
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