Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Retour de l’ambassadeur de France en Algérie, nouveau signe de dégel entre les deux pays

Article

le

La France a annoncé le retour de son ambassadeur en Algérie, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement diplomatique après près de deux ans de tensions entre Paris et Alger.

La ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, accompagnée de l’ambassadeur Stéphane Romatet, qui avait été rappelé à Paris en avril 2025, est arrivée vendredi à Sétif, dans l’est de l’Algérie. Ce déplacement ministériel vise à instaurer des relations de confiance et à rétablir un dialogue constructif avec les autorités algériennes. Le choix de Sétif revêt une portée symbolique forte, car la ville fut le théâtre d’une répression sanglante menée par l’armée française à partir du 8 mai 1945, faisant des milliers de victimes.

L’Élysée a souligné dans un communiqué que cette initiative traduit la volonté du chef de l’État d’aborder les relations franco-algériennes avec honnêteté et respect des mémoires. La présidence française estime que la clarté avec laquelle la France examine son histoire doit permettre de tisser des liens prometteurs pour l’avenir, dans l’intérêt des deux peuples. Alice Rufo doit également rencontrer des responsables algériens pour évoquer les prochaines étapes de la coopération bilatérale, notamment la reprise du dialogue consulaire.

Ce voyage constitue le deuxième déplacement d’un membre du gouvernement français en moins de trois mois, après celui du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en février. Il marque une détente après une crise diplomatique profonde déclenchée à l’été 2024, lorsque Paris avait apporté son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental. Alger avait alors immédiatement rappelé son ambassadeur en France. Les tensions s’étaient aggravées avec l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en novembre 2024, puis la mise en examen d’un agent consulaire algérien en avril 2025, conduisant à des expulsions réciproques de diplomates.

Un réchauffement s’est amorcé avec la visite de Laurent Nunez en février, qui avait rencontré le président Abdelmajid Tebboune. Depuis, les expulsions d’Algériens en situation irrégulière en France ont repris. Les contacts diplomatiques se sont également intensifiés, avec un échange entre les chefs de la diplomatie des deux pays en mars et une visite à Alger de l’ancienne conseillère d’Emmanuel Macron en avril.

Reste le dossier non résolu du journaliste Christophe Gleizes, arrêté en mai 2024 en Kabylie et condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. Sa famille a annoncé qu’il avait retiré son pourvoi en cassation en mars, une démarche qui pourrait ouvrir la voie à une grâce présidentielle. L’Élysée assure porter une attention prioritaire à ce cas, tandis que Reporters Sans Frontières exprime l’espoir d’une issue prochaine à cette situation humaine difficile.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus