Économie
Commerzbank dégaine un plan de restructuration pour contrer l’assaut d’UniCredit
La banque allemande dévoile un programme incluant la suppression de 3000 postes et des objectifs de rentabilité revus à la hausse, espérant convaincre ses actionnaires de l’intérêt de rester indépendante face à l’offre publique d’achat de sa concurrente italienne.
Le groupe bancaire allemand Commerzbank a riposté vendredi à l’offre publique d’achat hostile lancée par l’italien UniCredit en dévoilant un plan stratégique alliant suppression de 3000 emplois supplémentaires et ambitions financières accrues. Cette contre-offensive vise à démontrer que la création de valeur serait supérieure en restant seul plutôt qu’en fusionnant avec le géant transalpin.
UniCredit, dirigé par Andrea Orcel, a officiellement soumis mardi son offre de rachat de Commerzbank pour 35 milliards d’euros, une opération destinée à accélérer la consolidation bancaire en Europe et à étendre la présence italienne sur le marché allemand. Cette initiative suscite une vive opposition outre-Rhin, le chancelier Friedrich Merz ayant estimé jeudi qu’elle “détruit la confiance” dans la deuxième banque privée du pays.
L’offre d’UniCredit, ouverte pour six semaines, propose 0,485 action pour chaque titre Commerzbank, un ratio jugé peu attractif au regard des valorisations boursières actuelles. Bettina Orlopp, présidente du directoire de Commerzbank, a présenté vendredi un plan stratégique visant à renforcer la rentabilité d’ici 2030, tout en soulignant que ce scénario comporte moins de risques de mise en œuvre qu’une fusion avec UniCredit.
La mesure phare de ce plan prévoit la suppression d’environ 3000 postes supplémentaires, anticipée “sur 2029 et 2030”, avec une approche “très responsable sur le plan social”, a déclaré Mme Orlopp lors d’une conférence d’analystes. Un accord social a été signé jeudi avec les représentants du personnel, dont les détails restent à négocier. Commerzbank comptait environ 38 000 salariés fin mars, après un précédent plan de départ de 3900 employés lancé en février 2025.
Le syndicat ver.di, co-signataire de l’accord, a réaffirmé vendredi son soutien à une Commerzbank “indépendante”. Kevin Voß, membre du syndicat, estime qu’Andrea Orcel a “perdu toute confiance”, tandis qu’il viserait “jusqu’à 15 000 suppressions d’emplois chez Commerzbank et HypoVereinsbank”, la banque bavaroise acquise en 2005. Parallèlement aux réductions d’effectifs, la banque prévoit des recrutements ciblés dans l’innovation et un investissement de 600 millions d’euros pour exploiter davantage le potentiel de l’intelligence artificielle.
Sur le plan financier, Commerzbank vise désormais un rendement des fonds propres de 17% en 2028, contre 15% précédemment, puis environ 21% en 2030. Le bénéfice net, qui a atteint 913 millions d’euros au premier trimestre, meilleur que prévu, devrait s’élever à au moins 3,4 milliards d’euros en 2026, contre 2,6 milliards en 2025.
Forte de ces résultats, Mme Orlopp a critiqué les faiblesses du plan d’UniCredit, qui “manque de la volonté nécessaire pour reconnaître et refléter de manière adéquate notre modèle économique”, malgré “plus de dix réunions ces vingt derniers mois” avec ce grand actionnaire. Les deux parties ont “des conceptions fondamentalement différentes du modèle” bancaire, a-t-elle ajouté.
UniCredit, de son côté, juge le réseau international de Commerzbank trop complexe et inefficace, et souhaite recentrer la banque sur ses activités en Allemagne. Commerzbank affirme rester ouverte aux discussions, mais à condition que l’offre d’UniCredit soit améliorée, sans préciser de combien. Le directoire et le conseil de surveillance de Commerzbank doivent publier prochainement leur position officielle sur l’offre.
Cette bataille s’inscrit dans un mouvement amorcé en septembre 2024, lorsque UniCredit est entrée au capital de Commerzbank après que l’État allemand a cédé 4,5% de ses parts. Berlin reste le deuxième actionnaire le plus important avec environ 12% du capital, héritage du sauvetage de la banque lors de la crise financière de 2008. UniCredit, qui détenait près de 26% de Commerzbank avant de lancer son offre, vise d’abord à dépasser 30% du capital, seuil qui pourrait ensuite lui permettre d’augmenter sa participation sans nouvelle offre.
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