Économie
Bernard Arnault déclare la guerre à la fiscalité des grandes fortunes


Le patron de LVMH fustige le projet de taxation des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, qualifiant son promoteur de « militant d’extrême gauche ». Le débat fiscal s’enflamme entre partisans et détracteurs de cette mesure.
Le président-directeur général de LVMH, Bernard Arnault, a vivement critiqué le projet de taxe sur les très hauts patrimoines porté par l’économiste Gabriel Zucman. Dans une déclaration au Sunday Times, l’homme d’affaires a estimé que cette proposition relevait d’« une volonté clairement formulée de mettre à terre l’économie française ». Il a qualifié M. Zucman de « pseudo universitaire » et de « militant d’extrême gauche », affirmant que son approche visait à détruire le modèle économique libéral.
Le dispositif, soutenu par une partie de la gauche, prévoit de prélever 2 % sur les patrimoines excédant 100 millions d’euros, une mesure qui concernerait environ 1 800 foyers fiscaux et pourrait rapporter près de 20 milliards d’euros selon ses promoteurs. Face à cette proposition, Bernard Arnault a rappelé son statut de premier contributeur fiscal en France, tant à titre personnel qu’à travers les entreprises qu’il dirige. Le groupe LVMH a versé près de 15 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés au cours des dix dernières années.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a répliqué sur les réseaux sociaux que ce qui nuisait à l’économie et à la société était « l’absence de toute forme de patriotisme de la part des ultra-riches ». Dans le camp patronal, les oppositions sont marquées. Le Medef dénonce un « frein à l’investissement », tandis que le président de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, évoque un « truc absurde » teinté de « jalousie à la française ». D’autres voix, comme celle de Pascal Demurger, directeur général de la Maif, se montrent plus ouvertes à l’idée d’une contribution exceptionnelle, tout en appelant à des ajustements.
Le débat dépasse les clivages politiques traditionnels et oppose deux visions de la fiscalité et de la justice sociale. Alors que le gouvernement cherche des leviers pour assainir les finances publiques, la controverse autour de la taxe Zucman illustre les tensions persistantes sur la répartition de l’effort fiscal.





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