Politique
Bayrou assume jusqu’au bout la rigueur budgétaire face à une chute annoncée

À quatre jours d’un vote de défiance perdu d’avance, le Premier ministre défend sa ligne économique et refuse toute concession, tandis que les socialistes se positionnent pour lui succéder.
Le chef du gouvernement a réaffirmé jeudi soir sa détermination à poursuivre sa politique de maîtrise des dépenses publiques, malgré l’imminence d’un rejet de sa demande de confiance par l’Assemblée nationale prévu lundi. Lors d’une intervention télévisée, il a justifié son approche par la nécessité de freiner l’accroissement de la dette, écartant toute logique d’austérité au profit d’un simple ralentissement des dépenses.
Il a reconnu que l’issue du scrutin parlementaire lui était défavorable, tout en assumant pleinement sa décision de soumettre son action à un vote. Selon lui, la gravité de la situation financière exigeait une prise de responsabilité politique sans équivalent. Sans évoquer explicitement sa démission, il a toutefois laissé entendre que son départ interviendrait rapidement après le vote.
Dans le même temps, les socialistes ont accentué leur offensive pour obtenir la direction de l’exécutif. Leur leader a présenté un projet budgétaire alternatif, moins restrictif que celui du gouvernement, tout en réitérant son refus d’utiliser l’article 49.3 de la Constitution. Cette position les obligerait à rechercher des compromis avec les forces centristes pour faire adopter les textes législatifs.
La droite républicaine a pour sa part indiqué qu’elle ne s’opposerait systématiquement ni à un gouvernement socialiste ni à une équipe issue du Rassemblement national, afin d’éviter une instabilité institutionnelle dommageable. Cette ouverture conditionnelle contraste avec le rejet catégorique affiché par La France insoumise, qui a qualifié de « tambouille » les négociations en cours entre socialistes, écologistes et centre droit.
Le président de la République a une nouvelle fois appelé à la responsabilité des formations politiques pour garantir la stabilité gouvernementale. Reste à savoir combien de temps durera la période de transition et qui sera choisi pour diriger le prochain exécutif.

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