Nous rejoindre sur les réseaux

News

Aung San Suu Kyi introuvable dans la ville labyrinthe

Officiellement assignée à résidence dans la capitale birmane, l’ancienne dirigeante reste introuvable. Même les généraux disent ne pas savoir où elle se…

Article

le

Aung San Suu Kyi introuvable dans la ville labyrinthe

Officiellement assignée à résidence dans la capitale birmane, l’ancienne dirigeante reste introuvable. Même les généraux disent ne pas savoir où elle se trouve.

Naypyidaw n’a rien d’une capitale ordinaire. Étendue sur une superficie neuf fois plus vaste que New York, elle est un dédale silencieux de quartiers sans nom, reliés par des avenues désertes où la circulation est rare. Cette ville a été pensée pour cacher les secrets du pouvoir. Quand Min Aung Hlaing a renversé Aung San Suu Kyi en 2021, puis a commué sa peine de prison en assignation à résidence en avril dernier, il a officialisé une libération qui, pour beaucoup, n’en est pas une. La lauréate du prix Nobel de la paix serait détenue dans un lieu tenu secret, hors de vue, même de ceux qui gouvernent.

L’atmosphère de Naypyidaw oscille entre calme apparent et malaise diffus. Construite au début des années 2000 sur ordre d’un ancien général, elle a été implantée loin des grandes villes portuaires pour éviter les soulèvements populaires et les regards étrangers. Pour l’architecte Galen Pardee, vivre ici revient à être soi-même assigné à résidence. « C’est l’exact opposé de ce qu’un urbaniste considérerait comme une bonne ville, et c’est intentionnel », explique-t-il. Une habitante de 25 ans, qui préfère rester anonyme, confie se perdre encore dans sa propre ville. « Tout se ressemble, on a parfois du mal à trouver son chemin. » Elle n’a aucune idée de l’endroit où pourrait se trouver Suu Kyi.

Son fils Kim Aris, joint depuis Londres, ne voit guère de différence entre sa situation actuelle et son emprisonnement. « Toute maison où elle serait détenue ressemble plus à une prison privée qu’à un foyer confortable », dit-il. D’après des sources policières, même les hauts gradés n’ont pas accès à l’information. « Même les généraux ne disposent d’aucune information à son sujet », confie l’un d’eux. Au Parlement, où trônent encore de vieux magazines à sa gloire, le député Aye Chan balaye d’un geste l’idée d’un retour politique. « Son époque est révolue. Elle est trop âgée. » Quand on lui demande où elle se trouve, il hausse les épaules : « Je n’en ai aucune idée. » Le silence règne sur Naypyidaw, et le mystère reste entier.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus