Monde
Alassane Ouattara se lance dans la course pour un quatrième mandat présidentiel

Le chef de l’État ivoirien, largement favori, officialise sa candidature dans un contexte marqué par l’absence de plusieurs figures de l’opposition.
Le président ivoirien Alassane Ouattara a confirmé sa participation à l’élection présidentielle d’octobre prochain, visant ainsi un quatrième mandat à la tête du pays. Âgé de 83 ans, le dirigeant, dont la candidature était attendue, bénéficie d’une position avantageuse en raison du retrait forcé de plusieurs adversaires politiques majeurs.
La décision judiciaire d’exclure quatre personnalités de l’opposition, dont l’ancien président Laurent Gbagbo, a suscité des tensions politiques. Les concernés dénoncent une instrumentalisation des institutions, tandis que les autorités rejettent toute ingérence dans les affaires judiciaires. Ces exclusions pourraient influencer le climat électoral dans un pays encore marqué par les violences post-électorales de 2010-2011.
Dans une déclaration diffusée en ligne, Alassane Ouattara a justifié sa candidature par sa capacité à poursuivre les réformes engagées et à assurer une transition générationnelle. « Ce mandat permettra de consolider nos acquis et d’améliorer les conditions de vie des Ivoiriens », a-t-il affirmé. Son parti, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), avait laissé entendre cette possibilité dès la fin juin.
Lors du scrutin précédent en 2020, la légitimité de son troisième mandat avait été contestée, bien que validée par le Conseil constitutionnel. Les élections s’étaient alors déroulées dans un contexte de violences ayant fait plusieurs dizaines de morts. Cette fois encore, l’absence de rivaux de poids pourrait réduire la compétition électorale, renforçant la position du président sortant.
Parmi les opposants écartés figurent notamment Laurent Gbagbo, son ancien allié Charles Blé Goudé et l’ex-Premier ministre Guillaume Soro, tous trois empêchés de se présenter en raison de condamnations judiciaires. Tidjane Thiam, dirigeant du principal parti d’opposition, a quant à lui été exclu pour des questions liées à sa nationalité. Ces décisions alimentent les critiques sur un processus électoral perçu comme déséquilibré.
La Côte d’Ivoire, considérée comme un havre de stabilité en Afrique de l’Ouest, se prépare ainsi à une élection dont l’issue semble peu incertaine, mais dont les modalités continuent de faire débat.

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