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_ Une adolescente poignardée, tout un collège sous le choc dans l’Aisne

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Au lendemain de la mort de Chloé, 14 ans, frappée à l’arme blanche sur le chemin de son établissement, élèves et parents tentent de faire face à l’indicible. L’établissement a rouvert ses portes pour accueillir ceux qui le souhaitent, tandis que l’enquête progresse.

La matinée de jeudi a été celle du retour à l’école pour les collégiens de Fère-en-Tardenois, une petite commune de l’Aisne frappée par un drame d’une violence rare. La veille, Chloé, une élève de troisième, avait été mortellement atteinte de plusieurs coups de couteau alors qu’elle se rendait à pied au collège Anne de Montmorency. L’établissement a choisi de rester ouvert pour offrir un espace d’écoute et de recueillement, mais l’émotion restait palpable. De nombreux parents ont tenu à accompagner leurs enfants jusqu’aux portes de l’école, refusant pour la plupart de s’exprimer devant les journalistes.

Une mère de famille, qui a préféré garder l’anonymat, a confié son désarroi face à l’horreur de la situation. Elle a expliqué avoir longuement échangé avec ses filles la veille au soir, dont l’une était très proche de la victime. Pour elle, il était essentiel d’être présente ce matin-là, alors que ses enfants prennent habituellement le bus scolaire. « On se croit en sécurité à la campagne, mais on se rend compte que ce n’est pas le cas », a-t-elle ajouté, la voix empreinte de tristesse.

Une autre mère, prénommée Élodie, a évoqué la difficulté de trouver les mots justes pour rassurer sa fille Ashley, scolarisée en quatrième. Cette dernière se souvient de Chloé comme d’une adolescente toujours entourée, « très gentille », et peine à réaliser qu’elle ne la croisera plus dans les couloirs. « Tout le monde en parle, certains racontent n’importe quoi, c’est choquant », a-t-elle confié, tout en envisageant de se rendre à la cellule psychologique mise en place dans l’enceinte du collège.

Devant les grilles de l’établissement, deux bougies et deux bouquets de roses blanches ont été déposés en mémoire de l’adolescente. La préfète de l’Aisne et le recteur d’Amiens se sont rendus sur place en début de matinée pour témoigner leur soutien à la communauté éducative, sans faire de déclaration. Le rectorat a indiqué que des cellules d’écoute resteraient en place aussi longtemps que nécessaire.

L’enquête, ouverte pour assassinat, a conduit à l’interpellation d’un jeune homme de 23 ans mercredi en fin d’après-midi. Selon le parquet de Soissons, il pourrait avoir entretenu une relation avec la victime. Sans emploi, il vivait chez ses parents. La qualification criminelle retenue devrait entraîner le transfert du dossier au pôle criminel du parquet de Laon. Ce drame rappelle les chiffres publiés par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, qui faisaient état de 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 l’année précédente.

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