Politique
Des aides pour les commerces touchés et un dispositif policier annoncé comme massif
Près de 3 000 commerces auraient été pillés ou dégradés lors du week-end, poussant l’exécutif à débloquer des prêts et du chômage partiel. Les couvre-feux…


Près de 3 000 commerces auraient été pillés ou dégradés lors du week-end, poussant l’exécutif à débloquer des prêts et du chômage partiel. Les couvre-feux sont reconduits dans plusieurs villes et le gouvernement promet une présence policière importante le 24 octobre.
L’exécutif a présenté cette semaine un paquet de mesures pour les commerces saccagés. Environ 3 000 établissements auraient été touchés, dont près de 700 à Marseille, selon Serge Papin, ministre du Commerce. Dès vendredi, les professionnels pourront demander à Bpifrance un prêt pouvant atteindre 50 000 euros, a annoncé Roland Lescure, ministre de l’Économie, après une réunion exceptionnelle consacrée aux entreprises. Les plus petits commerces disposeront aussi d’un fonds de soutien calculé sur leurs pertes de chiffre d’affaires, dont les modalités restent à préciser.
Pour limiter les licenciements, le gouvernement active le chômage partiel pour les salariés des commerces obligés de fermer. Ils percevront 60 % de leur salaire, intégralement pris en charge par l’État dans les entreprises de moins de 150 salariés. Entre 10 000 et 15 000 emplois seraient concernés, d’après Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail.
Les couvre-feux sont maintenus ou reconduits dans plusieurs villes. La nuit qui a suivi ces dégradations n’a connu aucun incident notable selon la police et la gendarmerie, et les restrictions ciblées dans certaines parties de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou Nice y ont contribué, a estimé le Premier ministre Sébastien Lecornu. De nouveaux couvre-feux seront décidés là où la situation l’exige. Bordeaux et Nice en prévoient déjà sur plusieurs jours. À Marseille, ils viseront les mineurs dans certains quartiers à partir de 22 heures, du mardi au vendredi inclus.
À l’Assemblée nationale, la séance des questions au gouvernement a été tendue. La stratégie de maintien de l’ordre est vivement contestée, tandis que la droite et l’extrême droite réclament plus de fermeté. Pour les nouvelles manifestations du 24 octobre, le dispositif policier sera massif, a promis Sébastien Lecornu. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a ajouté que la doctrine serait revue sur les moyens, le volume des forces engagées, la réactivité et la mobilité. L’exécutif continue de pointer l’ultragauche et LFI, accusée d’avoir jeté de l’huile sur le feu. Le Premier ministre a répété que l’ultragauche et l’extrême gauche radicale auraient mis en place un schéma insurrectionnel lors du week-end et porteraient un agenda de déstabilisation des institutions à quelques mois de la présidentielle.
Côté justice, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a fait état de 123 incarcérations depuis le début des violences et demandé aux parquets de passer à la qualification de criminalité organisée, ce qui permet d’allonger les gardes à vue. Dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, un homme fiché S et connu pour son appartenance à l’ultragauche a été interpellé en Haute-Vienne. La sous-direction anti-terroriste a été saisie. Les Insoumis veulent poursuivre Laurent Nuñez devant la Cour de justice de la République après des accusations selon lesquelles le gouvernement aurait demandé aux services de renseignement de mettre en cause LFI dans les violences du week-end. Sébastien Lecornu a formellement démenti. Emmanuel Macron a refusé la démission de Laurent Nuñez, qui avait reconnu une perte de contrôle dans certaines villes.
Plusieurs manifestants ont été grièvement blessés. Une adolescente de 17 ans a perdu un œil et à Saint-Étienne, un jeune homme du même âge a eu la main arrachée. Un avocat a annoncé le dépôt d’une plainte contre l’auteur du tir et contre Laurent Nuñez. Le Premier ministre recevra les syndicats puis les partis politiques. Jordan Bardella et Marine Le Pen, du RN, se feront représenter, tandis que Mathilde Panot a dit ne pas encore savoir si LFI participera. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a réclamé de vraies réponses sociales. À l’étranger, Donald Trump a écrit que la France brûle et Pékin a appelé ses ressortissants en France à la vigilance. L’UE a dénoncé les pillages et les incendies tout en demandant à la France de protéger le droit à manifester pacifiquement. Sur les marchés, l’écart entre les taux d’emprunt à 10 ans de la France et de l’Allemagne, qui mesure la méfiance des investisseurs envers la dette française, est au plus haut depuis 2012.
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