Politique
LFI saisit la justice contre Laurent Nuñez et dénonce un scandale d’État
La France insoumise veut poursuivre le ministre de l’Intérieur devant la Cour de justice de la République, après des révélations sur des rapports de…


La France insoumise veut poursuivre le ministre de l’Intérieur devant la Cour de justice de la République, après des révélations sur des rapports de renseignement qui imputeraient à tort les violences du week-end au mouvement. Manuel Bompard évoque des faux documents et un abus d’autorité.
La France insoumise a décidé de passer à l’offensive. Mardi, le mouvement a annoncé son intention de traîner Laurent Nuñez devant la Cour de justice de la République, la juridiction habilitée à juger les ministres pour les actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. En ligne de mire, la manière dont les services de renseignement auraient été mobilisés pour désigner LFI comme responsable des violences du week-end.
Tout part d’une enquête publiée lundi soir. On y trouve le témoignage d’un commissaire des renseignements territoriaux qui affirme avoir reçu une consigne pour le moins explicite. Il lui serait demandé, mot pour mot, d’écrire que LFI se trouve derrière le mouvement, alors que cette affirmation est, selon lui, « objectivement fausse de l’avis général des RT ». Autrement dit, des rapports officiels auraient été orientés pour faire porter la responsabilité de débordements à une formation politique qui n’y aurait aucune part.
Manuel Bompard, coordinateur national du parti, ne mâche pas ses mots. « Je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nuñez, parce que fabriquer des faux documents », a-t-il lancé, en visant aussi l’abus d’autorité, c’est-à-dire le fait de donner des consignes qui dépassent ses prérogatives. Pour lui, ces agissements relèvent du délit. Et si les renseignements territoriaux produisent des rapports mensongers, s’ils sont poussés à y coucher par écrit des choses fausses, « ça s’appelle un scandale d’État », a-t-il insisté.
Le coeur du reproche tient en une idée simple. Manipuler le travail des services de renseignement pour cibler un parti et lui attribuer une responsabilité qu’il n’a pas, Bompard juge cela « absolument inacceptable ». Au-delà de la passe d’armes politique, la saisine de cette juridiction particulière installe le conflit sur un terrain institutionnel rarement emprunté, celui où un ministre en exercice peut avoir à répondre de ses instructions devant des juges.
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