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Des mairies comme point de ralliement face aux violences

Des élus et des habitants se sont rassemblés devant les mairies de nombreuses villes pour exprimer leur inquiétude après des dégradations. Ils demandent…

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Des mairies comme point de ralliement face aux violences

Des élus et des habitants se sont rassemblés devant les mairies de nombreuses villes pour exprimer leur inquiétude après des dégradations. Ils demandent plus de sécurité et de calme avant la prochaine mobilisation.

Le rassemblement a pris une forme simple et symbolique. Des milliers d’élus et de citoyens se sont retrouvés devant les mairies, dans toute la France, à l’appel de l’Association des maires de France. À Cannes, environ 2 000 personnes ont répondu présent autour du maire David Lisnard, qui préside l’association. Il s’était rendu à Limoges, sa ville natale, où l’hôtel de ville historique a brûlé. La mobilisation a aussi réuni un millier de personnes à Brest, plusieurs centaines à Bordeaux, Angers, Nice et Toulouse, une centaine à Lille et Paris, et quelques dizaines à Nantes, Strasbourg ou Lyon. Tous voulaient dénoncer les affrontements, les pillages et les incendies de bâtiments publics. Un même besoin de solidarité et d’ordre s’est exprimé.

Sur place, la colère se mêle à la peur. Sandrine Marais, enseignante bordelaise de 57 ans, se dit désemparée et anéantie. Pour elle, il est important de montrer que des citoyens aiment la France sans faire de politique. Louis Lassus, étudiant en informatique de 21 ans, est venu avec un drapeau tricolore. Il accepte l’idée de manifester, mais refuse la casse. À Bordeaux, le maire Thomas Cazenave a estimé qu’il fallait faire bloc face à la haine et à la violence qui fragilisent les institutions, prennent en otage les revendications et gênent la liberté de manifester. Le cortège s’est ensuite dirigé vers la résidence préfectorale, en partie saccagée.

D’autres maires ont raconté des scènes marquantes. À Lille, Arnaud Deslandes s’est dit horrifié par sa mairie vandalisée après une brève intrusion de casseurs. Les dégâts restent limités, mais le symbole est fort. À Toulouse, Jean-Luc Moudenc a dénoncé un déferlement de haine et des participants venus seulement semer le chaos. Il a appelé à rester rassemblé et uni pour dire stop à la violence. Son intervention a été brièvement perturbée par une quinzaine de militants antifascistes, repoussés puis tenus à l’écart.

La gestion des manifestations est aussi critiquée. Plusieurs responsables politiques et certains maires, dont Guillaume Guérin à Limoges, pointent des manques. Les maires de Paris, Marseille et Lyon ont demandé à être reçus par Sébastien Lecornu. À Cannes, David Lisnard a réclamé le rétablissement de l’ordre face à des groupuscules d’extrême gauche et à des milliers d’émeutiers, en assurant que cette exigence valait pour tous les Français, y compris ceux d’origine étrangère. À Paris, Emmanuel Grégoire a prévenu qu’une réponse purement sécuritaire ne suffirait pas et a appelé le ministre à négocier avec les organisations lycéennes, étudiantes et de salariés.

Les critiques visent également l’exécutif. Antoine Armand, maire d’Annecy, dit en avoir assez de se retrouver pour se révolter. Il juge que l’État doit réagir et que les manifestations ne peuvent pas être moins sécurisées, pas plus que les commerçants vivre avec la boule au ventre un jour de mobilisation. Christophe Béchu, maire d’Angers, parle de failles dans le renseignement et se dit déçu par la prise de parole d’Emmanuel Macron, qu’il estime très en dessous des circonstances.

Habitants et commerçants redoutent déjà la prochaine mobilisation. Yann Lousse, commerçant à Nantes, regrette que personne ne les ait défendus et que la situation ait été la même dans toutes les villes. Hélène, commerçante bordelaise de 38 ans qui préfère rester anonyme, résume le sentiment général par la peur et la colère, et s’interroge sur la protection dont elle bénéficiera. À La Rochelle, une contre-manifestation a rassemblé une centaine de personnes pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme les véritables violences. Caroline, 50 ans, se dit inquiète à la fois des violences policières et des non-réponses du président. Lili-Rose Polipowsky, étudiante en lettres de 18 ans, estime ne pas avoir été entendue et appelle à poursuivre la lutte.

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