Faits Divers
Rima Hassan devant la justice pour un tweet citant l’un des auteurs de l’attentat de Tel-Aviv
L’eurodéputée LFI comparaît lundi et mardi au tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme après avoir relayé une citation attribuée à Kozo…


L’eurodéputée LFI comparaît lundi et mardi au tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme après avoir relayé une citation attribuée à Kozo Okamoto. Ses accusateurs y voient une légitimation du terrorisme, sa défense un procès politique.
C’est un message de quelques lignes qui la conduit devant les juges. Rima Hassan, 34 ans, eurodéputée La France insoumise et figure très en vue de la cause palestinienne, est jugée lundi et mardi à Paris pour apologie du terrorisme. Le texte en cause a été publié le 26 mars sur X, devant ses 420.000 abonnés, puis supprimé. Elle y reprenait les mots attribués à Kozo Okamoto, l’un des auteurs de la prise d’otages sanglante de l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, expliquant avoir consacré sa jeunesse à la cause palestinienne et affirmant que tant qu’il y aurait oppression, la résistance ne serait pas seulement un droit mais un devoir.
Le signalement a été quasi immédiat, auprès du parquet, puis relayé par l’Organisation juive européenne et la Licra. Une semaine plus tard, la Franco-Palestinienne était placée en garde à vue. La séquence a fait couler beaucoup d’encre et nourri une vive controverse politico-médiatique. Pour Muriel Ouakine-Melki, présidente de l’OJE, le problème tient à la portée du geste, qu’elle résume ainsi. C’est « la dangerosité de quelqu’un qui présente un acte de terrorisme comme un acte de résistance ou y apporte une quelconque légitimité ». À l’inverse, Vincent Brengarth, avocat de l’élue, dénonce une volonté de la faire taire parce qu’elle dérange, alors que perdure selon lui l’impunité des crimes commis à Gaza. Il soupçonne aussi des motivations politiques derrière la procédure.
La garde à vue avait pris une autre tournure encore. Plusieurs médias, citant une source proche du dossier, avaient fait état de la découverte d’une petite quantité de drogue de synthèse dans son sac. L’enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants a été classée sans suite quelques jours plus tard, après l’analyse des deux contenants retrouvés. Rima Hassan a depuis porté plainte contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui nie avoir contribué à la diffusion de cette fuite. Il a été entendu jeudi dernier par l’IGPN sur ces faits de violation du secret de l’enquête.
Côté calendrier, l’audience était d’abord fixée à juillet. Elle a été repoussée à la demande de la défense, qui avait fustigé un afflux de constitutions de parties civiles de dernière minute. Lors de la première audience, des centaines de personnes s’étaient déplacées pour la soutenir, dont Jean-Luc Mélenchon. L’intéressée, elle, conteste le principe même du procès, qu’elle qualifie de politique et voit comme une manière d’intimider celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens.
Le dossier s’inscrit dans un contexte lourd. La guerre a été déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui a tué 1.221 personnes. L’offensive israélienne à Gaza a fait, selon le ministère de la Santé du territoire, plus de 74.000 morts, des chiffres jugés fiables par l’ONU. Régulièrement accusée d’antisémitisme en raison de ses positions très critiques envers Israël, l’eurodéputée est une habituée des affrontements sur X. Le 5 octobre, lors d’une exposition du Parlement européen consacrée à l’attaque du 7 octobre, elle avait été accusée d’avoir renversé des drapeaux israélien et européen, un geste qu’elle avait inscrit dans la dénonciation d’un génocide toujours en cours, sans viser les personnes que l’événement entendait honorer. Presque au même moment, elle déposait plainte pour menaces de mort contre un homme armé qui l’avait menacée sur les réseaux, avant d’échanger longuement avec lui. Il lui a présenté ses excuses et retiré sa vidéo. Une vingtaine de plaintes visant l’élue ont été classées sans suite par le parquet de Paris, tandis qu’elle figure elle-même comme victime dans une dizaine de procédures.
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