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Après les pillages, l’exécutif tente de reprendre la main face à la colère

Des commerces saccagés, des villes sous tension et une crise politique qui s’installe. Le pouvoir promet de protéger les centres-villes, de faire toute la…

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Après les pillages, l'exécutif tente de reprendre la main face à la colère

Des commerces saccagés, des villes sous tension et une crise politique qui s’installe. Le pouvoir promet de protéger les centres-villes, de faire toute la lumière sur le dispositif sécuritaire et de répondre aux dégâts.

L’exécutif avance sous pression. La mobilisation pour le pouvoir d’achat a dégénéré dans de nombreuses villes, avec des destructions et des scènes de pillage qui ont marqué le pays. Emmanuel Macron a demandé aux préfets de protéger les villes et jugé insupportable le saccage des rues et des magasins. Il a aussi promis une transparence totale sur le dispositif de sécurité, critiqué à Paris, Marseille ou Limoges. Le chef de l’Etat a prévenu que ceux qui ont cherché à faire tomber la République devront en répondre.

Le bilan est lourd. Près de 2 400 interpellations ont eu lieu et environ 1 000 membres des forces de l’ordre ont été blessés, d’après les autorités. Des manifestants ont raconté avoir été contenus et aspergés de gaz lacrymogène, et certains ont été grièvement atteints. À Saint-Étienne, un jeune de 17 ans a eu la main arrachée. À Mulhouse, une jeune femme du même âge a perdu un œil. Face à ces violences, l’Association des maires de France appelle à des rassemblements devant les mairies pour dénoncer les attaques graves portées contre les institutions démocratiques.

La réponse politique s’organise. Sébastien Lecornu doit réunir une cellule interministérielle de crise autour de trois volets, l’économie et le commerce, les assurances et le suivi judiciaire. Le Premier ministre a aussi été chargé de rassembler partis, syndicats, collectivités et parlementaires. Laurent Nuñez, dont la démission est réclamée à gauche, est attendu à Marseille, une ville durement frappée où les autorités ont évoqué jusqu’à 30 000 pilleurs. Des commerçants, distributeurs, hôteliers, restaurateurs, banques et assureurs doivent faire le point sur l’ampleur des dégâts matériels.

Les dégâts économiques se précisent. Environ 1 500 commerces ont été pris pour cible et le coût des dommages est évalué à plusieurs centaines de millions d’euros. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, demande que l’État, la région et la métropole se mobilisent très vite pour aider les commerçants. Emmanuel Macron a promis que ceux qui ont détruit devront payer et que ceux qui ont pillé devront rembourser, avec une promesse d’intransigeance.

La crise déborde le seul terrain sécuritaire. Marine Le Pen dénonce une crise profonde de confiance et d’autorité qui menace la démocratie. Jean-Luc Mélenchon accuse le chef de l’État de jouer le pourrissement. Raphaël Glucksmann appelle au calme et à la fin d’une spirale de violence. À l’étranger, Donald Trump a écrit que la France brûle et qu’elle serait brisée par l’immigration. Pour l’exécutif, il s’agit désormais de répondre à la colère, de rétablir l’ordre et de sortir d’une séquence qui pèse sur la vie politique.

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