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Des commerces du 11e arrondissement pris pour cible après la manifestation

Après une mobilisation contre la vie chère, des commerces du 11e arrondissement de Paris ont été pillés en série. Le quartier garde les traces d’une…

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Des commerces du 11e arrondissement pris pour cible après la manifestation

Après une mobilisation contre la vie chère, des commerces du 11e arrondissement de Paris ont été pillés en série. Le quartier garde les traces d’une colère qui a débordé, entre vitrines brisées et habitants stupéfaits.

Dans les rues étroites entre République et Bastille, les commerces ont été attaqués les uns après les autres après une manifestation contre la vie chère. Des cigarettes, des lunettes de soleil, des vêtements, des bijoux et des bonbons ont disparu. Les auteurs n’ont pas été inquiétés. La méthode se répète. Un petit groupe de jeunes en noir, souvent cagoulés ou masqués, s’attaque au rideau métallique jusqu’à ce qu’il cède. Ceux qui restent en retrait entrent ensuite et ressortent avec un butin plus ou moins gros.

Les cibles changent vite. Au Franprix, des sacs se remplissent de gâteaux, de jus de fruits et d’alcool. Chez le petit bijoutier d’en face, de vieilles horloges dorées sont emportées. Au coin de la rue, des présentoirs entiers de lunettes de soleil ont disparu. Dans les petits commerces, certains cherchent la caisse, la fracassent au sol et découvrent parfois qu’elle est vide. Une voix lance « Venez on va au Marionnaud » et la foule suit en courant vers le boulevard. La foule se rue dans les venelles sans logique claire, sinon casser et piller. La plupart sont des hommes. Quelques filles observent et prennent des vêtements. Tous sont jeunes.

Restaurants, hôtels et immeubles résidentiels restent très majoritairement épargnés. Le contraste donne des scènes étranges. Des familles et des amis dînent normalement pendant que des dizaines de jeunes courent dehors. Dans le hall d’un hôtel, des clients apeurés voient arriver un groupe masqué. Le réceptionniste accourt. Le groupe insiste pour lui parler, termine une bouteille de vin tout juste pillée, puis repart.

Aux fenêtres, les riverains regardent. Rue Oberkampf, un fonctionnaire de 29 ans parle d’un triste spectacle. Il évoque des colères profondes et une partie de la société qui ne se sent pas intégrée. Pour lui, manifester pour ses droits est légitime, mais ces débordements desservent les objectifs des manifestants. La rue, elle, est couverte de détritus, de débris de verre et de vélos calcinés. Près de République, des carcasses de voiture fument encore. Des poubelles brûlent et les pompiers les éteignent une par une. Les forces de l’ordre sont absentes du quartier après des affrontements avec des manifestants.

Le maire de la capitale dénonce des rues entières méthodiquement ravagées. Il tient à distinguer le mouvement social des casseurs et dit n’avoir aucune indulgence pour ces derniers. Boulevard Voltaire, deux enseignantes en art installées en terrasse disent comprendre cette révolte. Elles avaient manifesté et voulaient s’approcher de l’Élysée, lieu de pouvoir, sans y parvenir. L’une d’elles, 38 ans, accepte la violence matérielle tant que l’intégrité physique n’est pas touchée. Les pilleurs fracassent des vitrines, mais ne s’en prennent pas aux passants ni aux voitures qui circulent sur les grands axes. En les voyant passer avec des sacs pleins, elle admet n’avoir jamais vu cela de sa vie.

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