Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

Tirana en ébullition, la jeunesse albanaise tient tête au pouvoir pour un cinquième jour

Cinquième journée d’affrontements dans la capitale albanaise, où des centaines de manifestants réclament le départ du Premier ministre et contestent le…

Article

le

Tirana en ébullition, la jeunesse albanaise tient tête au pouvoir pour un cinquième jour

Cinquième journée d’affrontements dans la capitale albanaise, où des centaines de manifestants réclament le départ du Premier ministre et contestent le coût des études. Face aux pierres et aux poubelles transformées en barricades, la police a dégainé canons à eau et gaz lacrymogènes.

La journée a commencé devant le ministère de l’Éducation, à Tirana. Vers midi, quelques centaines de personnes s’y sont rassemblées, certaines le visage masqué. Assez vite, le mouvement a débordé le périmètre du bâtiment pour gagner les rues de la capitale. Les protestataires ont lancé des pierres en direction des forces de l’ordre, puis incendié des poubelles pour s’en servir de barricades et ralentir la progression des policiers.

Côté police, on a d’abord tenté la voix. Des mégaphones ont appelé la foule à cesser les violences. Sans effet. Les canons à eau et les gaz lacrymogènes ont alors fait reculer les manifestants, momentanément. Depuis mardi, la capitale albanaise vit au rythme de ces rassemblements, avec des milliers de personnes descendues dans la rue pour exiger le départ du Premier ministre Edi Rama. Les droits d’inscription à l’université et les conditions d’enseignement figurent au cœur des griefs.

Pour Sinan Billa, étudiant en journalisme présent dans la rue, la colère dépasse largement le cadre des campus. « La jeunesse s’est réveillée pour nos parents aussi. L’indifférence et l’arrogance sont intolérables. Nous ne demandons pas des privilèges. Nous revendiquons nos droits, notre avenir et un pays meilleur », explique-t-il. Un discours qui replace la mobilisation dans une perspective plus large que les seuls frais de scolarité.

Le chef du gouvernement a choisi de répondre sur le terrain des dégâts. En visitant des commerces saccagés pendant les manifestations, Edi Rama a assuré respecter les étudiants et défendre leur droit de protester, un droit qui « doit être protégé et le sera ». Les voix des jeunes et de chaque citoyen ayant pris part aux protestations « doivent être entendues et le seront », a-t-il ajouté. Avant de poser une limite nette, en affirmant qu’il ne permettrait à personne de compromettre l’avenir du pays.

Le bilan de la veille donne la mesure des tensions. Dix personnes ont été arrêtées en lien avec les manifestations de vendredi et vingt-deux procédures pénales ont été ouvertes. Le ministère de la Santé fait état de vingt-cinq blessés légers, dont neuf policiers, lors des affrontements survenus à Tirana, Vlora et Lezha. Cette semaine d’escalade arrive après des mois de contestation antigouvernementale dans ce pays des Balkans, une mobilisation née au départ autour d’un projet de complexe touristique controversé lié à la famille du président américain Donald Trump.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus