Politique
Les départements haussent le ton face à un budget qui les étrangle
Réunis à Reims, les élus départementaux attendent des explications du Premier ministre sur un projet de budget qui doit amputer leurs recettes de plus de…


Réunis à Reims, les élus départementaux attendent des explications du Premier ministre sur un projet de budget qui doit amputer leurs recettes de plus de 1,8 milliard d’euros. François Sauvadet lui demande de renoncer à une ponction qui fragilise, selon lui, leur réponse à la précarité.
François Sauvadet ne mâche pas ses mots. Le président des Départements de France réclame la venue de Sébastien Lecornu à Reims, où l’association tient son congrès jeudi et vendredi. Il veut l’entendre parler d’argent. « J’attends du Premier ministre qu’il vienne à notre congrès. J’attends de lui des explications. On a besoin de clarifications politiques pour le sort qui est réservé aux départements », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement a pour habitude de participer à ce rendez-vous annuel. Il était attendu vendredi matin. Sa venue n’a toujours pas été confirmée, et ce silence agace visiblement les organisateurs. « Ce n’est pas normal qu’on n’ait pas de nouvelles du Premier ministre », a lancé Jean-Marc Roze, président de la Marne.
Le sujet qui fâche tient en quelques chiffres. D’après les calculs de l’association, les budgets des départements perdraient plus de 1,8 milliard d’euros si le projet de loi de finances 2027 reste en l’état. Parmi les mesures en cause, une contribution progressive à l’effort budgétaire de 2,5 milliards d’euros, qui toucherait toutes les collectivités sauf les régions. La part des départements s’élèverait à 551 millions d’euros. Un montant que leur porte-parole refuse de voir passer. « Je lui demande de renoncer à ce super prélèvement sur nos ressources », a-t-il insisté, en rappelant que les intéressés ont déjà beaucoup donné. « Jamais on n’a été autant prélevé ! », a-t-il protesté.
Ce que ces coupes changeraient concrètement, ce sont les missions sociales portées par les départements depuis des années. Ces collectivités gèrent l’aide aux personnes âgées, l’enfance en danger, le revenu de solidarité active, autant de dépenses qui grimpent quand le chômage monte et que la précarité s’installe. « Il est en train de fragiliser notre réponse à la précarité », prévient François Sauvadet. Devant plus d’un millier d’élus et d’équipes départementales, il a employé un mot lourd pour décrire la position du gouvernement sur le budget 2027, celui de « mépris ». Le ton traduit une tension qui ne date pas de cette semaine. Après des années difficiles, les départements estimaient commencer à sortir la tête de l’eau. Ils craignent que le texte budgétaire les ramène sous la surface.
Le mouvement ne concerne d’ailleurs pas seulement les départements. Mardi, la quasi-totalité des associations d’élus locaux avait dénoncé dans une déclaration commune « la purge financière » imposée pour 2027 et réclamé une rencontre avec le ministre concerné. Le congrès de Reims devient donc le théâtre d’un rapport de force, avec plusieurs visites attendues pour tenter d’apaiser les échanges. Le président du Sénat Gérard Larcher doit passer jeudi à la mi-journée. La ministre de la Décentralisation Françoise Gatel est attendue vendredi matin. Reste à savoir si le chef du gouvernement, lui, fera le déplacement.
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