Monde
Poutine tend la main à Téhéran pour peser sur le conflit au Moyen-Orient
Le président russe s’est dit prêt à tout mettre en œuvre pour aider à régler la guerre au Moyen-Orient, à l’occasion d’une rencontre avec son homologue…


Le président russe s’est dit prêt à tout mettre en œuvre pour aider à régler la guerre au Moyen-Orient, à l’occasion d’une rencontre avec son homologue iranien. Les deux hommes se retrouvent autour d’un sommet régional au Turkménistan, sur fond de rapprochement militaire et diplomatique.
Vladimir Poutine a affiché sa volonté de jouer un rôle dans la guerre qui ravage le Moyen-Orient. Devant son homologue iranien Masoud Pezeshkian, le dirigeant russe a assuré que son pays était disposé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer au règlement de la situation. Les deux présidents se sont retrouvés juste avant un sommet régional organisé au Turkménistan.
Masoud Pezeshkian a de son côté défendu la position iranienne. Son pays, insiste-t-il, s’engage dans le dialogue, mais chaque fois qu’il négocie avec les États-Unis, ces derniers repassent à l’attaque. Vladimir Poutine a pour sa part crédité l’Iran de véritables efforts pour mettre un terme à un conflit déclenché fin février par des frappes américano-israéliennes.
Les deux hommes ont profité du moment pour saluer l’évolution positive de leurs relations. Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, la Russie et l’Iran ont nettement resserré leurs liens diplomatiques et militaires. Cette coopération leur a valu des accusations croisées. Les Occidentaux reprochent à Téhéran d’avoir livré à Moscou la technologie de ses drones Shahed et des missiles de courte portée. En retour, la Russie est soupçonnée de transmettre à l’Iran des données de ciblage pour frapper les intérêts américains dans la région. Les deux présidents s’étaient déjà croisés en marge d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai.
Le sommet d’Avaza, station balnéaire posée sur les rives de la mer Caspienne, rassemble les pays issus de neuf anciennes républiques soviétiques au sein de la Communauté des États indépendants. D’autres tête-à-tête bilatéraux figurent au programme. Pour Moscou, qui conserve un rôle dominant dans la zone, cette organisation démontre l’existence d’une sphère d’influence propre, consolidée et institutionnalisée.
Née en décembre 1991, dans les dernières semaines de l’Union soviétique, la CEI devait maintenir un fil entre les anciennes républiques après l’effondrement de l’URSS. Elle visait à régler des questions économiques, politiques et de gouvernance. Elle a compté dans les années 1990, mais elle n’a guère évolué depuis, au point que plusieurs membres ont claqué la porte. La Géorgie est partie après la guerre russo-géorgienne de 2008, l’Ukraine a cessé d’y participer après l’annexion de la Crimée en 2014, et la Moldavie a annoncé son retrait en 2023 en se rapprochant de l’Union européenne.
Plusieurs États membres cherchent aujourd’hui à diversifier leurs partenariats, en se tournant vers Pékin ou vers les pays occidentaux. Conséquence, si la Russie utilise cette tribune pour porter un discours hostile à l’Occident ou à l’Ukraine, rien ne garantit que les autres suivent le mouvement. Chacun trace sa propre route.
En toile de fond, la guerre en Ukraine poursuit son escalade. Plus de quatre ans et demi après le début de l’invasion russe, les frappes de longue portée se sont nettement intensifiées de part et d’autre du front ces derniers mois. Les efforts diplomatiques américains pour trouver une issue pacifique s’enlisent, et le secrétaire d’État américain Marco Rubio a qualifié la situation de très dangereuse.
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