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Riyad sous les missiles houthis, une capitale qui retient son souffle

Les rebelles yéménites ont de nouveau visé l’aéroport de Riyad, poussant les voyageurs à vérifier leur vol avant de se déplacer. Dans la capitale…

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Riyad sous les missiles houthis, une capitale qui retient son souffle

Les rebelles yéménites ont de nouveau visé l’aéroport de Riyad, poussant les voyageurs à vérifier leur vol avant de se déplacer. Dans la capitale saoudienne, les explosions ont résonné jusqu’en plein centre et la peur s’installe.

Les Houthis ont revendiqué deux tirs de missiles balistiques contre l’aéroport de Riyad et ont appelé les compagnies aériennes à éviter le pays. Ryad affirme les avoir interceptés. L’aéroport, lui, a prévenu sur X que les passagers devaient joindre leur compagnie et confirmer le statut de leur vol avant de se rendre sur place. Sur les panneaux d’affichage, les reports et les annulations se multipliaient, alors qu’Air France et Lufthansa avaient déjà supprimé leurs liaisons ces derniers jours.

Dans la ville, des explosions ont été entendues jusqu’au cœur de la capitale, dans l’un des épisodes les plus violents depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l’Iran fin février. Des diplomates se sont mis à l’abri dans le quartier diplomatique. Des écoles internationales ont pris des précautions, avec des enfants réfugiés parfois au sous-sol. « Ma fille m’a appelée. Elle était en panique », raconte une mère de famille. Dans le quartier d’affaires, plusieurs entreprises ont évacué leur personnel.

La veille, les autorités aériennes avaient déjà fait état de trois morts et de dizaines de blessés après des attaques visant deux aéroports du pays.

Le conflit ne date pas d’hier. Les Houthis contrôlent Sanaa et de larges pans du Yémen depuis plus de dix ans. Les hostilités avec le gouvernement, réveillées en juillet après des années d’accalmie, sont devenues un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient. Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières saoudiennes, dans un pays qui reste le premier exportateur mondial de brut. Jeudi, ils ont aussi appelé le personnel de ces sites à partir.

Sur le terrain yéménite, les combats font rage. Plus de 400 morts ont été recensés depuis le lancement lundi de l’opération « Aube du Yémen », menée par les forces gouvernementales avec l’appui aérien de Ryad. Rien que jeudi, au moins 83 personnes ont perdu la vie dans le sud-ouest du pays, selon des sources militaires des deux camps. L’objectif affiché est de faire reculer les Houthis, qui ont pris le contrôle de tout le littoral yéménite sur la mer Rouge après une offensive éclair en septembre, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique entre l’Asie et l’Europe. Le gouvernement parle de « victoires sur plusieurs fronts », mais les rebelles démentent avoir cédé du terrain, et aucune avancée majeure n’a été signalée sur les lignes de front.

Cette reprise des violences a déjà poussé plus de 200.000 personnes à quitter leur foyer au Yémen, selon l’Organisation internationale des migrations, qui s’inquiète du manque de financements pour affronter cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. Face aux attaques répétées, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international, notamment américain, sans obtenir de réponse jusqu’ici. La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite se sont entendus pour appliquer « immédiatement » un accord de défense signé en août à La Mecque, avec l’intention d’envoyer des forces dans le royaume. Pour l’instant, rien de concret n’a suivi.

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