Europe
Steinmeier promet à la France une Allemagne fidèle à l’Europe
En visite d’Etat à Paris, le président allemand a voulu rassurer son homologue français sur l’ancrage européen de son pays. Les deux dirigeants alertent…


En visite d’Etat à Paris, le président allemand a voulu rassurer son homologue français sur l’ancrage européen de son pays. Les deux dirigeants alertent aussi sur la montée des extrêmes qui fragmente leurs démocraties.
En déplacement officiel à Paris, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a tenu à dissiper les inquiétudes. Son pays, assure-t-il, ne tournera pas le dos au projet européen, quels que soient les bouleversements traversés. Tout juste sorti d’élections, il a voulu adresser un message limpide à Emmanuel Macron et aux voisins de l’Allemagne. Les Allemands, a-t-il affirmé, resteront de bons Européens, en dépit des évolutions économiques, politiques et sécuritaires à l’œuvre chez eux.
Le contexte donne à ces mots un poids particulier. L’extrême droite vient de s’emparer de la présidence d’un parlement régional en Saxe-Anhalt, dans l’est du pays, une première depuis 1945. Face à cette poussée, le chef de l’Etat allemand, un social-démocrate aux pouvoirs constitutionnels limités, parle d’une réalité qu’il qualifie d’amère et d’oppressante. Il pointe une polarisation grandissante des sociétés, qui complique sérieusement l’exercice du pouvoir dans les deux pays.
Autre sujet sensible, le réarmement massif engagé par Berlin pour répondre à la menace russe. Cette montée en puissance militaire nourrit côté français des craintes de décrochage et d’un affaiblissement de l’autonomie stratégique européenne. Steinmeier balaie l’inquiétude en martelant une conviction. L’Allemagne, dit-il, ne pourra réussir qu’en restant profondément intégrée à l’Union européenne. Il a aussi salué en Macron un Européen convaincu, pour qui une Europe souveraine a toujours fait office de moteur.
Emmanuel Macron a emboîté le pas, insistant sur la solidité du lien franco-allemand et la nécessité de renforcer la démocratie. Il observe des démocraties bousculées par la fragmentation et la polarisation, dans un temps où le complotisme et le scepticisme gagnent parfois du terrain. Plus de soixante ans après la réconciliation entre les deux pays, il juge inaltérable ce qui a été bâti. Et rappelle que la responsabilité des dirigeants, notamment à l’approche des prochaines échéances électorales en France, consiste à rendre la paix impossible à rompre. Steinmeier quittera ses fonctions au printemps 2027, comme son homologue français.
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