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En Italie, une loi électorale sur mesure qui pourrait bien se retourner contre Giorgia Meloni

Les députés italiens ont validé une réforme du scrutin qui garantit une majorité parlementaire à toute coalition franchissant les 42 % des voix. La cheffe…

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En Italie, une loi électorale sur mesure qui pourrait bien se retourner contre Giorgia Meloni

Les députés italiens ont validé une réforme du scrutin qui garantit une majorité parlementaire à toute coalition franchissant les 42 % des voix. La cheffe du gouvernement y voit une victoire, l’opposition un texte cousu pour elle.

227 voix pour, 164 contre. Jeudi, la Chambre des députés a adopté la réforme de la loi électorale défendue par l’exécutif, au terme d’un vote à bulletin secret qui en dit long sur les tensions dans la majorité. Giorgia Meloni avait joué son poste, prévenant sa coalition qu’elle démissionnerait en cas d’échec. Le pari est tenu. Sur X, la dirigeante d’extrême droite s’est réjouie que les Italiens puissent désormais « tout choisir » au moment de retourner aux urnes, le parti, la coalition, le programme, le candidat au poste de Premier ministre et, à nouveau, leur parlementaire. « À ceux qui espéraient voir le centre-droit divisé, nous répondons aujourd’hui, nous sommes unis, soudés et déterminés à tenir les engagements pris envers les citoyens », a-t-elle lancé.

Ce qui change, concrètement, c’est la mécanique du scrutin. Le système actuel mélange sièges attribués au majoritaire et à la proportionnelle, et aucune des deux grandes coalitions ne devrait y décrocher la majorité. La nouvelle règle mise sur une proportionnelle intégrale, avec un bonus qui bascule automatiquement vers toute alliance dépassant 42 % des suffrages. Le mécanisme s’appuie sur 70 sièges supplémentaires à la Chambre et 35 au Sénat. L’argument avancé par le gouvernement tient en un mot, la stabilité. Il y voit aussi un gain pour les électeurs, puisque les partis seraient obligés de publier leur programme et de désigner leur candidat à la tête du gouvernement avant le vote. Sauf que cette contrainte tombe mal pour le centre-gauche, déjà divisé sur plusieurs dossiers de fond et sur le nom d’un éventuel chef de file.

En face, la colère n’est pas retombée. Giuseppe Conte, ancien président du Conseil et patron du Mouvement 5 étoiles, parle d’« un sacré bazar, un dispositif alambiqué, conçu uniquement pour trouver une formule permettant d’obtenir un avantage aux prochaines élections ». Le Sénat avait déjà approuvé le texte. Les partis d’opposition, eux, ont prévenu qu’ils le contesteraient devant les tribunaux, en espérant faire tomber la réforme avant les prochaines législatives.

Reste que le calcul pourrait se retourner contre celle qui l’a voulu. Certains observateurs redoutent un effet boomerang, avec une gauche qui empocherait la mise. « Cette loi crée un paysage électoral totalement ouvert à la concurrence, et elle risque donc de perdre les élections », avertit Orsina, politologue à l’université Luiss de Rome. Un récent sondage Ipsos Doxa place justement la coalition de centre-gauche au-dessus du fameux seuil de 42 %, à condition qu’elle règle ses divisions internes et convainque deux petits partis radicaux de rejoindre l’aventure.

Le contexte politique, lui, n’a rien de figé. En septembre, Giorgia Meloni est devenue la cheffe de gouvernement la plus durable de l’Italie d’après-guerre. Mais sa coalition perd du terrain au profit de l’ancien général Roberto Vannacci et de sa nouvelle formation Futuro Nazionale, à l’extrême droite de l’échiquier. Le FN devance dans les enquêtes d’opinion ses deux alliés de toujours, la Ligue anti-immigration et Forza Italia. De quoi rendre son soutien précieux, même si Meloni a jusqu’ici exclu toute alliance avec Vannacci. Son mandat court jusqu’en octobre 2027, mais elle pourrait décider de convoquer les électeurs dès avril ou mai.

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