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Au Pakistan, des milliers de partisans d’Imran Khan marchent vers Islamabad

Encadré par des routes barrées et un pouvoir qui refuse de céder, le cortège grossit chaque jour dans le Khyber Pakhtunkhwa. Les fidèles de l’ancien…

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Au Pakistan, des milliers de partisans d'Imran Khan marchent vers Islamabad

Encadré par des routes barrées et un pouvoir qui refuse de céder, le cortège grossit chaque jour dans le Khyber Pakhtunkhwa. Les fidèles de l’ancien Premier ministre emprisonné promettent de ne rien lâcher avant sa libération.

Le convoi s’étire sur des kilomètres. Drapeaux rouge et vert claquant au vent, haut-parleurs crachant des slogans, pétales de fleurs jetés sur la route. Depuis dimanche, les soutiens d’Imran Khan traversent la province du Khyber Pakhtunkhwa en direction d’Islamabad. Cette mobilisation, baptisée la « longue marche », enfle de jour en jour. Tous n’ont qu’une idée en tête, faire sortir de prison l’ancien Premier ministre.

Imran Khan, star du cricket devenue figure politique, a gouverné le pays de 2018 à 2022. Il est détenu depuis août 2023, dans le sillage des émeutes antigouvernementales de mai de la même année. Son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf, a lancé cette marche pour obtenir sa libération, sur fond de grogne grandissante contre le pouvoir en place.

« Je me suis joint à ce cortège pour une seule raison, la libération d’Imran Khan. Je ne rentrerai en aucun cas tant qu’il n’aura pas été libéré », lance Qalandar Khan, 58 ans, venu du district montagneux du Waziristan du Nord. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, l’ancien champion de cricket occupe une place à part. « Si le gouvernement et l’establishment pensent pouvoir se débarrasser d’Imran Khan… ils doivent savoir qu’il occupe une place dans nos cœurs. »

La colère dépasse la seule question de la détention. « Nous sommes profondément frustrés par l’inflation, l’anarchie, la mauvaise gouvernance et le terrorisme qui règnent dans le pays », énumère Pir Fayyaz, 40 ans, agent immobilier dans le Khyber Pakhtunkhwa. Ce quadragénaire garde en mémoire les promesses de l’ancien dirigeant. « Imran Khan voulait instaurer la paix dans le pays et éliminer la corruption », assure-t-il.

Quelque 20 kilomètres au sud de Peshawar, l’ambiance monte d’un cran. Sur un camion décoré de portraits de l’ancien Premier ministre, souriant et poing levé, Sohail Afridi harangue la foule. Le ministre en chef du Khyber Pakhtunkhwa, cadre du PTI, réclame notamment que les médecins, les responsables du parti et les proches puissent accéder à la prison. « Nous sommes les soldats de Khan », lance-t-il au micro, avant de demander si les manifestants sont prêts à marcher sur la capitale. La réponse fuse. « Nous sommes prêts ! »

Un responsable des services de renseignement de la police, qui s’exprime sous couvert d’anonymat, comptabilise environ 1.500 véhicules et entre 5.000 et 6.000 personnes. Face à eux, les autorités ont bétonné les principaux axes menant à Islamabad avec des conteneurs. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a pressé le PTI de renoncer à la marche et de revenir à la table des négociations. Sans résultat.

Sur le parcours, la détermination ne se fissure pas. « Le pays connaît actuellement un déclin continu », témoigne Changiz Khan, 58 ans, agriculteur. « Nous pensons qu’après la libération d’Imran Khan, le pays retrouvera le chemin du développement. » Vêtu de rouge et vert, il promet de poursuivre la lutte jusqu’au bout, « jusqu’à ce que nous atteignions notre objectif ».

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