Monde
Kim Yo Jong claque la porte au dialogue avec Séoul
La sœur du dirigeant nord-coréen prévient que rien ne pourra repartir sans un profond changement d’attitude du Sud. En parallèle, Pyongyang rejette l’aide…


La sœur du dirigeant nord-coréen prévient que rien ne pourra repartir sans un profond changement d’attitude du Sud. En parallèle, Pyongyang rejette l’aide humanitaire et les appels à la détente venus de Séoul.
La Corée du Nord ne veut plus entendre parler de discussions avec son voisin du Sud. Kim Yo Jong, la sœur de Kim Jong Un et figure majeure du régime, a posé ses conditions jeudi pour une éventuelle reprise du dialogue. Selon elle, Séoul devrait d’abord faire preuve du plus grand respect envers Pyongyang, en pesant chacun de ses mots et chacun de ses gestes. Elle évoque aussi la considération et la sincérité comme préalables. Cette sortie intervient dans un climat déjà lourd, après l’exigence de l’armée sud-coréenne d’obtenir des excuses pour des explosions de mines survenues le 21 septembre dans la zone démilitarisée, qui ont blessé trois soldats.
Séoul accuse le Nord d’avoir posé ces engins du côté sud de la ligne de démarcation, ce qui contredirait l’armistice ayant mis fin à la guerre de Corée entre 1950 et 1953. Pyongyang rejette toute responsabilité et Kim Yo Jong a qualifié l’incident de farce auto-orchestrée. Dans le même temps, le gouvernement du président Lee Jae Myung a appelé le 1er octobre à rétablir la confiance et à reprendre les échanges. Une main tendue restée sans réponse. La dirigeante nord-coréenne a vertement critiqué cette posture, évoquant des responsables politiquement immatures ou bien incorrigibles, des imbéciles de naissance.
Le volet humanitaire n’a rien arrangé. Un rapport gouvernemental sud-coréen publié mercredi indique que Séoul a obtenu une dérogation aux sanctions de l’ONU pour acheminer en novembre du matériel médical vers le Nord, notamment des ambulances et des équipements de stérilisation selon des analystes. Le pays souffre depuis longtemps d’infrastructures de santé défaillantes et de pénuries alimentaires persistantes, une inquiétude majeure soulignée plus tôt dans l’année par Elizabeth Salmon, rapporteuse spéciale de l’ONU. Mais Kim Yo Jong y voit une manœuvre de Séoul pour se défaire de sa farce auto-orchestrée, qui n’aurait pas produit l’effet escompté.
Le fossé entre les deux pays semble plus large que jamais. Le contact est rompu depuis fin 2023, quand Kim Jong Un a officiellement abandonné toute perspective de réunification de la péninsule et désigné la Corée du Sud comme ennemi principal. Depuis, le Nord fortifie sa portion de la zone démilitarisée, une bande tampon de 4 kilomètres de large sur environ 250 de long, traitant la ligne de démarcation comme une frontière avec un État hostile plutôt qu’un simple tracé provisoire. Le ministre sud-coréen de la Réunification, Chung Dong-young, a proposé des discussions sur les problèmes frontaliers, sans succès. Kim Yo Jong a rappelé que la position de Pyongyang était absolue et immuable, que son pays n’avait rien à échanger ni à faire avec le Sud et aucun besoin de le rencontrer en face à face. Toute initiative de Séoul, qu’elle relève d’une intention malveillante ou d’une bonne foi, sera vue comme un défi et une grave provocation, a-t-elle averti. Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, Lee Jae Myung multiplie les tentatives de rapprochement, jusqu’ici sans le moindre résultat.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 6 joursOlivier Faure accuse Jordan Bardella de mensonge et lui ferme la porte de Matignon



SociétéEn Ligne 5 joursUne Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 6 joursUn million de voitures électriques à 100 euros par mois, la promesse de Glucksmann aux Français modestes



PolitiqueEn Ligne 4 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 6 joursLa colère des lycées déborde et met l’exécutif sous pression



SociétéEn Ligne 7 joursBlocages de lycées dans toute la France, Lecornu réunit sa cellule de crise



SociétéEn Ligne 6 joursPrès de 2.000 interpellations après une journée de blocages qui a dérapé dans les lycées



SociétéEn Ligne 4 joursJusqu’à 500 lycées fermés lundi, 24 établissements saccagés








