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Seize morts et des millions de vies bousculées par les pluies en Asie du Sud-Est

Les trombes d’eau qui s’abattent sur la Thaïlande depuis la mi-septembre ont fait huit victimes, et la Birmanie voisine déplore un bilan identique. Dans…

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Seize morts et des millions de vies bousculées par les pluies en Asie du Sud-Est

Les trombes d’eau qui s’abattent sur la Thaïlande depuis la mi-septembre ont fait huit victimes, et la Birmanie voisine déplore un bilan identique. Dans la capitale thaïlandaise, l’eau reste partout et son évacuation pourrait prendre une semaine entière.

Bangkok vit au ralenti. Après presque deux jours de pluies intenses, les canaux de la ville ont gonflé et les routes se sont retrouvées sous l’eau, poussant les autorités à déclarer l’état de catastrophe naturelle. Les écoles ont gardé leurs portes fermées et les habitants ont été invités à travailler depuis chez eux. Les stations de pompage tournent à plein régime depuis des jours, sans venir à bout du problème. Le gouverneur de la capitale a prévenu que le drainage complet pourrait demander jusqu’à une semaine, et le porte-parole du gouvernement a reconnu que certains quartiers affrontent encore des niveaux d’eau élevés. Des milliers de personnes ont été mises à l’abri dans des hébergements d’urgence.

Le reste du pays paie un tribut plus lourd encore. Huit décès ont été recensés dans l’est, cinq à Sa Kaeo, deux à Chanthaburi et un à Saraburi, sans que les autorités n’apportent davantage de précisions. Aucun mort n’a pour l’instant été signalé officiellement dans la capitale. Au total, plus de 500 000 foyers, soit 1,7 million de personnes réparties dans 27 provinces, subissent les conséquences des intempéries. À Bangkok, quelque 52 000 foyers supplémentaires sont concernés, et plus de 80 000 personnes se retrouvent incapable de quitter leur logement.

Derrière les chiffres, il y a des nuits compliquées. Nattapon Mankean, 32 ans, a quitté en catastrophe son immeuble de Bang Kapi, dans l’est de Bangkok, avec sa compagne et leurs deux chats. Plus d’eau courante, plus d’électricité. « Les batteries de nos téléphones étaient à plat, nous n’avions plus d’eau courante… tout est devenu difficile », raconte-t-il. Et d’ajouter, encore marqué. « C’était terrible, je ne pouvais rien faire. »

La Birmanie voisine encaisse elle aussi. Les pluies qui frappent la Thaïlande depuis le 16 septembre ont touché le sud du pays, où huit personnes sont mortes dans des inondations et des glissements de terrain, selon les secours. Entre 20 et 30 disparus sont signalés à Launglon, dans la région de Tanintharyi. Trois adolescents réfugiés dans un monastère figurent parmi les victimes, emportés par un glissement qui a détruit 18 bâtiments. Aucun bilan officiel n’a été publié, la guerre civile qui déchire le pays compliquant sérieusement l’arrivée de l’aide et même l’évaluation de ce que les populations endurent.

Le calendrier n’a rien d’exceptionnel, puisque septembre marque le pic de la saison des pluies. Mais l’intensité, elle, sort de l’ordinaire. Entre le 1er et le 25 du mois, la capitale a encaissé 487 mm de précipitations, contre une moyenne proche de 269 mm sur la même période entre 1991 et 2020. Les scientifiques répètent que ce type d’événement va devenir plus violent et plus fréquent à mesure que la planète se réchauffe sous l’effet des énergies fossiles. Ce que vivent aujourd’hui Bangkok et le sud birman en donne un avant-goût très concret.

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