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Islamabad se barricade avant la grande marche des partisans d’Imran Khan

Vingt-deux mille agents déployés, des routes obstruées par des conteneurs et des arrestations en série. La capitale pakistanaise se verrouille à…

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Islamabad se barricade avant la grande marche des partisans d'Imran Khan

Vingt-deux mille agents déployés, des routes obstruées par des conteneurs et des arrestations en série. La capitale pakistanaise se verrouille à l’approche du rassemblement que le camp de l’ancien Premier ministre veut tenir ce week-end.

Les accès à Islamabad sont fermés. Depuis jeudi, les autorités pakistanaises bouclent les principaux axes qui mènent à la capitale, empilant parfois des conteneurs en travers de la chaussée pour barrer le passage. Vingt-deux mille agents de sécurité ont été mobilisés, et il est désormais interdit d’entrer ou de sortir en direction de la province voisine, où le parti d’Imran Khan gouverne. Le péage de l’autoroute reliant Islamabad à Peshawar était totalement coupé jeudi après-midi, la voie obstruée par des blocs.

Résultat immédiat, la circulation est paralysée et les déplacements du quotidien tournent au casse-tête. « L’autoroute est fermée, et la situation cause de graves difficultés pour les gens ordinaires », raconte Naymat Khan, un instituteur de 25 ans. Il ajoute qu’avec l’inflation, la vie est déjà devenue extrêmement difficile pour les habitants.

Cette démonstration de force précède une manifestation attendue ce week-end, la première grande mobilisation du parti depuis des mois. Objectif affiché, obtenir la libération d’Imran Khan. L’ancien Premier ministre, 73 ans, est derrière les barreaux depuis trois ans. Corruption, trahison, incitation à la violence après les émeutes antigouvernementales de 2023, la liste d’accusations est longue. Il les rejette toutes et assure être visé à cause de sa popularité.

La pression a grimpé d’un cran cette semaine avec l’arrestation de trois de ses sœurs, Aleema Khan, Uzma Khan et Noreen Niazi. Elles sont accusées d’avoir mobilisé des partisans via les réseaux sociaux et incité à la révolte contre les institutions de l’État. Des dizaines de députés, de responsables et de militants du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) ont été interpellés dans la foulée. Le secrétaire à l’information du parti, Sheikh Waqas Akram, affirme que près de 1.500 de leurs militants ont été placés en détention.

Pour Babu Ram Pant, d’Amnesty International, ces mesures prises contre la famille d’Imran Khan et les militants du PTI constituent une violation flagrante de leurs droits à la liberté, à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Le parcours d’Imran Khan s’est fracturé en quelques années. Porté au pouvoir avec le soutien de l’armée, il s’est ensuite heurté aux militaires sur des nominations clés et des choix de politique étrangère, avant d’être destitué par un vote du Parlement en avril 2022. Depuis, il accuse publiquement les dirigeants militaires d’avoir orchestré sa chute et de mener contre lui une campagne de persécution politique.

Le gouvernement, lui, ne veut rien entendre. « Ils n’ont pas besoin de venir à Islamabad », a lancé le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, lors d’une conférence de presse, prévenant que personne ne serait autorisé à paralyser la ville.

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