Europe
La sécheresse allemande assèche les champs et fait plonger les récoltes de céréales
Les champs allemands paient un lourd tribut à la chaleur. La récolte 2026 s’annonce en net recul et les agriculteurs demandent des aides d’urgence.


Les champs allemands paient un lourd tribut à la chaleur. La récolte 2026 s’annonce en net recul et les agriculteurs demandent des aides d’urgence.
Un ciel bleu, des températures qui s’éternisent et une terre qui craque. Après un printemps trop sec et des vagues de chaleur successives, les agriculteurs allemands tirent la sonnette d’alarme, sur fond de dérèglement climatique. La Fédération des agriculteurs allemands table sur une production de céréales de 41,9 millions de tonnes pour 2026, soit 7% de moins que l’an dernier. Ce volume reste légèrement sous la moyenne des cinq dernières années, qui tournait autour de 42,5 millions de tonnes. Le rendement, lui, devrait dégringoler de 9%. Dans le sud du pays, le président de la fédération Joachim Rukwied décrit des régions beaucoup trop sèches et juge ces prévisions décevantes.
Le coupable est connu. Le printemps a manqué d’eau et la chaleur est arrivée au pire moment, pendant la phase de remplissage des grains. Les céréales ont mûri trop vite, dans des conditions très difficiles. Les disparités sont frappantes entre le nord et le sud. Dans les zones les plus touchées, comme le Bade-Wurtemberg et la Bavière, certaines parcelles n’ont quasiment rien donné. L’agriculteur lui-même affirme n’avoir pas vu de pluie notable depuis la mi-juin sur son exploitation de Heilbronn. Le fourrage ne repousse plus et même le retour d’averses ne sauvera pas le maïs là où les dégâts sont déjà faits.
Les ravageurs ont ajouté une couche de malheur. Le colza d’hiver est particulièrement mal en point avec une chute de rendement de 20%. L’orge d’hiver limite la casse, à 4% de baisse, grâce à une récolte plus précoce et à des surfaces plus grandes. Cette mauvaise passe ne tombe pas au bon moment pour des fermes déjà fragilisées. Les prix de vente sont bas et les charges grimpent, surtout pour le diesel, les engrais et les traitements. Beaucoup d’exploitations se demandent comment financer la prochaine saison. Le président de la fédération réclame un programme d’urgence et une baisse immédiate de la taxe sur le diesel. Le gouvernement fédéral et l’Union européenne sont désormais attendus au tournant.
Le secteur fruitier n’est pas épargné non plus. La production de pommes devrait tomber 5,4% sous la moyenne des dix dernières années. La sécheresse ne se contente pas de réduire les quantités, elle grignote toute une filière déjà sous tension. La question n’est plus seulement de savoir ce que donnera l’année prochaine, mais si certaines exploitations pourront encore tenir jusqu’à la récolte suivante.
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