Monde
La Fed gèle ses taux et réinvente sa manière de parler aux marchés
La banque centrale américaine garde ses taux inchangés mais change radicalement sa communication, tout en revoyant ses prévisions d’inflation à la hausse.


La banque centrale américaine garde ses taux inchangés mais change radicalement sa communication, tout en revoyant ses prévisions d’inflation à la hausse.
Ce n’est pas une révolution, mais un vrai virage. La Réserve fédérale américaine a laissé ses taux directeurs entre 3,50% et 3,75% lors de sa dernière réunion. Rien de surprenant. Ce qui change, c’est la méthode. Pour la première fois sous sa nouvelle présidence, la Fed a supprimé toutes ses phrases habituelles qui laissaient entrevoir de futures baisses des taux. Fini le langage codé qui permettait aux marchés d’anticiper. Désormais, plus d’indications prospectives, comme l’a expliqué le nouveau patron de l’institution. Il préfère miser sur des réunions régulières pour décider, sans donner de pistes à l’avance.
Ce virage s’explique par un contexte économique tendu. La guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a pris fin dimanche dernier avec un accord cadre, a fait flamber les prix de l’énergie. Résultat l’inflation repart à la hausse. Les prévisions de la Fed sont sans appel l’indice PCE, qui mesure les prix, atteindrait 3,6% fin 2025 contre 2,7% prévu en mars. La croissance du PIB est aussi revue à la baisse à 2,2%. Neuf responsables de la Fed voient même une hausse des taux d’ici fin 2026. Les marchés financiers parient désormais à plus de 50% sur un relèvement dès septembre. Le message est clair la priorité reste la stabilité des prix, quitte à serrer la vis.
La communication de la Fed fait donc peau neuve. Le nouveau président a adopté un format ultra-court pour le communiqué, à l’image de ce que faisait Alan Greenspan dans les années 1990. Plus de graphique en points prédisant les taux futurs. Plus de longs développements. Juste la décision et une phrase sur les réserves bancaires. Cinq groupes de travail ont été lancés pour repenser en profondeur la stratégie de l’institution, son bilan, ses données, la productivité et l’emploi. Un expert résume cette révolution discrète par une formule la décision a été brève, mais pas agréable. Les marchés, privés de leurs repères habituels, doivent apprendre à décrypter le silence.
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