Monde
Le système onusien des droits humains au bord de l’asphyxie financière

Une organisation non gouvernementale alerte sur les conséquences dramatiques du sous-financement chronique des mécanismes de protection des droits fondamentaux, menacés dans leur existence même.
Le pilier des droits humains des Nations Unies traverse une crise financière sans précédent qui compromet ses missions essentielles. Selon un rapport récent, le non-versement des contributions obligatoires par plusieurs États membres, combiné à des manœuvres politiques visant spécifiquement ce secteur, représente un danger majeur pour l’architecture internationale de protection des droits fondamentaux.
La situation budgétaire critique a déjà contraint l’organisation à annuler certaines enquêtes sur des crimes de guerre, comme en République démocratique du Congo. D’autres investigations pourraient connaître le même sort si les restrictions financières persistent. L’ONU envisagerait une réduction de 15% de son budget ordinaire pour 2026 afin de faire face à ces difficultés de trésorerie.
Les États-Unis, traditionnellement premier contributeur, accumulent des arriérés de paiement s’élevant à 1,5 milliard de dollars. La Chine, deuxième bailleur de fonds, aurait quant à elle réglé sa contribution annuelle avec un délai tel que les fonds sont devenus inutilisables selon les règles financières onusiennes. Ces retards privent l’organisation de ressources cruciales pour son fonctionnement.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme ne bénéficie déjà que de moins de 1% du budget total des Nations Unies. Pour 2025, il n’aurait reçu que 73% des contributions promises, créant un déficit de 67 millions de dollars. Cette pénurie affecte directement les capacités opérationnelles, avec des postes menacés au sein des mécanismes d’enquête internationaux.
Des puissances comme la Russie et la Chine profiteraient des négociations budgétaires pour réduire drastiquement le financement des investigations les concernant, ainsi que celles touchant leurs alliés. Ces manœuvres, présentées comme des recherches d’efficacité, viseraient en réalité à affaiblir le contrôle international sur les situations des droits humains.
La directrice adjointe d’un mécanisme d’enquête sur le Myanmar a confirmé que les coupes budgétaires pourraient entraîner la suppression d’un tiers des effectifs. Une porte-parole du Haut-Commissariat a qualifié la situation de « déficit énorme », soulignant que le système avait atteint son « seuil critique d’efficacité ».

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