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La plateforme Kick sous le feu des critiques après la mort d’un streamer français

Les autorités françaises ont obtenu le rétablissement du blocage de la chaîne diffusant des sévices en direct, alors que l’enquête se poursuit sur les circonstances du décès.
Le régulateur français des médias a vivement condamné la plateforme de streaming Kick après la réapparition temporaire d’une chaîne au cœur d’une affaire ayant entraîné le décès d’un animateur. La diffusion, interrompue vendredi sur demande de l’Arcom, montrait des scènes de violences physiques et psychologiques subies pendant douze jours par un homme de 46 ans, Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme Jean Pormanove.
Les investigations se poursuivent autour de cette chaîne qui comptait près de 200 000 abonnés et générait des revenus substantiels grâce aux dons des spectateurs. L’autopsie réalisée à Nice indique que le décès serait probablement d’origine médicale ou toxicologique, excluant pour l’instant une intervention directe de tiers. Des analyses complémentaires restent en cours.
Le conseil juridique de l’un des animateurs de la chaîne a défendu devant la presse la thèse d’une mise en scène fictive, évoquant des relations amicales en dehors des heures de diffusion. Cette position contraste avec les conclusions préliminaires des enquêteurs et la mobilisation des défenseurs des droits humains, qui dénoncent une atteinte manifeste à la dignité humaine.
Fondée en 2022 par des entrepreneurs australiens et américains, Kick s’est positionnée comme une alternative aux plateformes traditionnelles avec des règles de modération moins strictes. Cette approche lui a valu de devenir le refuge de nombreux streamers controversés. La plateforme ne dispose que de soixante-quinze modérateurs, dont aucun ne maîtrise la langue française, selon les informations communiquées par le ministère chargé du Numérique.
L’affaire relance le débat sur l’application de la législation européenne encadrant les services numériques, qui oblige les plateformes à retirer les contenus illicites signalés. Kick a annoncé jeudi une révision complète de ses procédures de modération, tandis que les investigations judiciaires se poursuivent sur le fondement de plusieurs plaintes déposées depuis décembre.

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