Économie
L’Allemagne suspend ses livraisons d’armes à Israël face à la crise à Gaza

Le gouvernement Merz prend une mesure inédite en gelant les exportations militaires, marquant un tournant dans son soutien traditionnel à Tel-Aviv.
Dans un geste sans précédent, l’Allemagne a décidé de suspendre ses exportations d’armements à destination d’Israël. Cette décision intervient en réaction au plan présenté par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui prévoit une reprise du contrôle militaire sur Gaza, territoire dévasté par des mois de conflit et confronté à une situation humanitaire critique.
Le chancelier Friedrich Merz a justifié cette mesure en soulignant qu’il était « de plus en plus difficile » de percevoir comment la stratégie israélienne pourrait aboutir à une résolution durable de la crise. Dans un communiqué officiel, Berlin a précisé que les autorisations d’exportation d’équipements militaires susceptibles d’être déployés à Gaza seraient gelées jusqu’à nouvel ordre.
Jusqu’à présent, l’Allemagne figurait parmi les principaux fournisseurs d’armes d’Israël, avec des livraisons évaluées à plus de 485 millions d’euros depuis le début des hostilités en octobre 2023. Ces envois incluaient des armes légères, des munitions, des blindés et des systèmes électroniques, selon des données gouvernementales récentes.
Le texte publié par la chancellerie exprime une « profonde préoccupation » face aux conditions de vie des civils palestiniens, tout en appelant Israël à garantir un accès humanitaire sans entrave aux organisations internationales. Friedrich Merz a également mis en garde contre toute initiative unilatérale visant à annexer des territoires en Cisjordanie.
Historiquement, l’Allemagne a toujours maintenu un soutien indéfectible à Israël, en raison de son passé. Contrairement à plusieurs partenaires européens, elle refuse toujours d’envisager une reconnaissance immédiate d’un État palestinien, privilégiant une solution négociée. Toutefois, l’aggravation de la crise à Gaza a provoqué des tensions politiques internes, une partie de l’opinion publique et certains membres de la coalition gouvernementale réclamant une posture plus ferme.
Si le vice-chancelier social-démocrate a salué une décision « juste et nécessaire », des voix critiques, notamment au sein de la communauté juive d’Allemagne, ont dénoncé une mesure qui fragiliserait la sécurité d’Israël face à des menaces persistantes dans la région. Ce revirement illustre les dilemmes auxquels Berlin est confronté, tiraillé entre ses principes diplomatiques et l’urgence humanitaire.

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