Économie
Françoise Bettencourt Meyers : l’héritière de L’Oréal passe la main à la nouvelle génération

Discrète mais omniprésente, la femme la plus riche de France amorce une transition historique au sein de l’empire familial, confiant les rênes du géant cosmétique à ses fils.
Françoise Bettencourt Meyers, héritière du groupe L’Oréal, annonce son retrait du conseil d’administration tout en réaffirmant son attachement indéfectible à l’entreprise. Dans une déclaration officielle, elle précise que cette décision marque avant tout une transmission générationnelle, confiant le flambeau à ses deux fils, Jean-Victor et Nicolas, déjà impliqués dans la gouvernance.
À 71 ans, cette figure emblématique de la finance française incarne la quatrième génération à la tête du groupe fondé par son grand-père, Eugène Schueller. Sous sa direction, L’Oréal a consolidé sa position de leader mondial, affichant un chiffre d’affaires dépassant les 43 milliards d’euros. Sa fortune personnelle, estimée à 75,4 milliards d’euros, fait d’elle l’une des personnalités les plus influentes du monde économique.
Pourtant, malgré cette influence, Françoise Bettencourt Meyers cultive une réserve légendaire. Son nom a pourtant défrayé la chronique lors de l’affaire Bettencourt, un scandale judiciaire impliquant sa mère, Liliane Bettencourt, et le photographe François-Marie Banier. Un épisode douloureux qui n’a pas entamé sa détermination à préserver l’héritage familial.
Aux côtés de son époux, Jean-Pierre Meyers, elle veille également sur les engagements philanthropiques de la famille, à travers la Fondation Bettencourt Schueller, qui consacre chaque année des millions d’euros à la recherche scientifique, aux métiers d’art et aux actions sociales.
Son départ du conseil d’administration ne signifie pas une rupture, mais plutôt une évolution. Elle conserve la présidence de Téthys, la holding familiale, et reste garante des valeurs qui ont bâti L’Oréal. Un symbole fort de continuité, illustré par des gestes traditionnels, comme l’envoi d’une timbale en argent Christofle à chaque naissance parmi les employés français du groupe. Une coutume qui, malgré son apparente désuétude, incarne l’ADN d’une entreprise où l’humain reste au cœur de la réussite.

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